Le ministère des finances prévoit un taux de croissance de 1,6% pour 2016

n Entre autres causes de la faible croissance, une baisse de 8% de la valeur ajoutée agricole. L’inflation a été maîtrisée à 1,6% et le déficit budgétaire devrait atteindre 3,9%. Le déficit du compte courant a, lui aussi, été estimé à 3,9%, avec une aggravation de 30 milliards de DH du déficit commercial

«L’année 2016 a été particulière et a connu un certain nombre de difficultés, dont notamment une instabilité économique et financière à l’échelle internationale, avec une tendance au retour du protectionnisme et un repli au niveau des échanges commerciaux. A l’échelle nationale, l’année a été marquée par la plus grave sécheresse enregistrée depuis trente ans», a déploré Mohammed Boussaid, ministre de l’économie et des finances, lors d’une conférence de presse organisée le 27 janvier à Rabat et consacrée aux résultats macro-économiques de l’année budgétaire 2016. En 2016, le taux de croissance devrait s’élever à 1,6%, contre 3% prévu initialement. Cette faible croissance s’explique principalement par une baisse importante de 8% de la valeur ajoutée agricole. C’est ainsi que la production céréalière n’a été que de 33 millions de quintaux, contre 115 millions de quintaux en 2015. Pour rappel, le projet de Loi de finances 2016 tablait sur une production de 70 millions de quintaux. Cette baisse de 70% de la production céréalière a été partiellement compensée par les bonnes performances des autres filières agricoles, dont notamment la production oléicole qui a progressé de 24%, la production d’agrumes qui a augmenté de 7%, ainsi que l’élevage, les cultures maraîchères et les cultures industrielles qui ont enregistré respectivement une croissance de l’ordre de 5%. Selon le ministre des finances, ces bonnes performances sont «le fruit et le résultat de la mise en œuvre du Plan Maroc Vert». Quant aux activités non agricoles, elles ont enregistré une croissance de 2,7%. L’inflation a, elle, été contenue à 1,6%.

73 000 postes d’emploi perdus à fin septembre

Les crédits bancaires, notamment les crédits à l’équipement, les crédits immobiliers et les crédits à la consommation, sont en progression. Les taux d’intérêt débiteurs ont poursuivi leur tendance baissière, avec un recul de 17 points de base au troisième trimestre de 2016. Le marché boursier a, quant à lui, enregistré une «performance remarquable» de 30%.

Concernant le taux de chômage, celui-ci a baissé à 9,6% à fin septembre 2016, avec néanmoins une perte de
73 000 postes d’emplois. En réalité, cette «baisse apparente» du taux de chômage est due à la baisse de 1,1% de la population active.

Pour leur part, les recettes de voyage ont augmenté de 3,5% et les transferts des MRE de 3,4% et ce, en dépit d’une conjoncture internationale toujours fragile. Au niveau des échanges extérieurs, les exportations ont progressé de 2,1% (5,5% hors OCP) et les importations ont augmenté de 9,3% ; d’où une aggravation de 19,6% du déficit commercial, soit 30 milliards de DH. Cette aggravation provient essentiellement de l’augmentation de 8,9 milliards de DH des importations de produits alimentaires dont notamment les céréales, ainsi que de l’augmentation de 25 milliards de DH des importations de biens d’équipement et de 10 milliards de DH des importations de biens de consommation. De ce fait, le déficit du compte courant, pour l’année 2016, a été estimé à 3,9%. Par ailleurs, les recettes des IDE (investissements directs étrangers) ont baissé de 17%, à 33 milliards de DH. S’agissant des réserves de change, celles-ci ont poursuivi leur amélioration observée depuis trois ans, couvrant six mois et 28 jours d’importation de biens et services.

L’effort d’investissement consolidé

En ce qui concerne les finances publiques, le déficit budgétaire atteindrait 3,9% du PIB en 2016 et 4,1% du PIB hors recettes de privatisation, contre 4,2% du PIB en 2015. Les recettes fiscales ont connu une hausse de 4,1% et les recettes non fiscales une hausse de 1,7%, en tenant compte des dons de 7,2 milliards de DH (au lieu des 13 milliards de DH programmés) des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Les dépenses ont, quant à elles, accusé une baisse de 0,1%, avec une légère augmentation de la masse salariale, un recul des dépenses de fonctionnement, ainsi qu’une stagnation de la charge d’intérêt autour de 27 milliards de DH et de la charge de compensation autour de 14 milliards de DH. Pour ce qui est des émissions sur investissements, les réalisations ont atteint 63,2 milliards de DH, contre 53,1 milliards de DH prévus.

A noter que le taux d’émission au titre des investissements a atteint un record de 75% en 2016. L’effort d’investissement a, en effet, été renforcé, notamment au profit des infrastructures et des secteurs sociaux. Le remboursement de la TVA a, lui aussi, enregistré un record, atteignant 10,5 milliards de DH, contre 6,7 milliards de DH initialement prévus, sans compter le butoir de 800 millions de DH payé à l’ONEE et l’ONCF. Le taux d’endettement a, quant à lui, atteint 64,7% du PIB (+0,6%), en dépit du ralentissement observé au niveau de la croissance économique.