Le Maroc se protège contre les cyber-attaques

Le centre est appelé à  faire de la veille et à  prêter assistance en cas d’attaque des sites de l’Etat et des organismes publics. Il relèvera à  terme de l’administration de la Défense nationale.

Il n’est pas le seul, mais ce n’est pas un effet de mode et la mesure était nécessaire. Le gouvernement marocain veut se préparer à l’ère de la cybercriminalité. Il vient de créer un centre en charge de la surveillance et du traitement des attaques contre les sites web de l’Etat et des organismes publics, et ce, sur la base de leur sensibilité et des possibles incidences que cela pourrait avoir sur la sécurité du pays et sur le climat des affaires de manière globale. Aujourd’hui, les hackers sont légion et, surtout, cela peut aller du simple jeu à l’attaque en bonne et due forme.
Ahmed Chami, ministre du commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies, a inauguré ce centre, appelé maCERT (computer emergency response team), qui est logé à la direction de l’économie numérique de son département au quartier Riad, à Rabat.
En fait, le centre est déjà opérationnel et protège le site du ministère et celui de l’Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC). A terme, il va assurer la garde informatique de plus de 50 sites mis en ligne par des administrations et établissements publics.

Financé par un don sud-coréen de 27 MDH

Les attaques peuvent prendre forme même si elles ne sont pas visibles «à l’œil nu». Il faut donc que l’Etat dispose d’un outil qui fasse de la veille, du traitement des vulnérabilités et des codes malveillants, mais aussi qui puisse réagir, prévenir et conseiller d’éventuelles victimes institutionnelles et reprendre la situation en main en cas d’attaques majeures visant à déstabiliser ou utiliser un site sensible ou à s’emparer de ses informations pour une raison ou une autre. Le ministre a cité des exemples d’attaques spectaculaires comme celles qui ont frappé le Pentagone américain et la société Microsoft. D’autres pays ont subi des intrusions similaires. C’est dire que de tels risques sont très présents et peuvent survenir à tout moment.
Le maCert est créé avec un budget de 3,4 millions de dollars (27 MDH) qui ont été apportés par la Corée du sud à travers l’Agence coréenne de coopération internationale (Koica). Cette enveloppe a servi à l’aménagement, la formation du personnel et l’équipement, fourni bien évidemment par le coréen LG.
Son montage a pris une année et a mobilisé aussi bien les cadres du ministère que ceux de l’administration de la Défense nationale qui, d’ailleurs, va créer une direction pour prendre en charge cette structure.