Le Maroc concrétise sa transition énergétique

En entrant dans le XXIe siècle, le Maroc a fait le choix d’une transition énergétique vers le durable. Très ambitieux par leur envergure, les plans solaire et éolien porteront la contribution des énergies renouvelables à  42% de la production électrique nationale d’ici la prochaine décennie.
Ils ont aussi une dimension économique et sociale importante pour le pays.

l’indépendance énergétique du Maroc n’est peut-être pas pour demain mais le pays fournit, depuis son entrée dans le XXIe siècle, d’importants efforts pour s’en rapprocher. Pour répondre aux besoins croissants de la population en électricité, le Maroc a notamment fait le choix, sous l’impulsion du Souverain, d’un développement accéléré des énergies renouvelables. Lors de son discours de la Fête du Trône du 30 Juillet 2008, S.M. Mohammed VI a fait du Royaume un exemple en Afrique : «Le Maroc n’a d’autres choix que de renforcer localement sa capacité de production d’énergie et d’ouvrir la voie aux investissements prometteurs en matière d’approvisionnement énergétique. Il se doit également de poursuivre résolument les efforts visant à faire des énergies alternatives et renouvelables la clé de voûte de la politique énergétique nationale».
Il faut dire que le potentiel du Maroc en matière d’énergie solaire ou éolienne est important. Le soleil marocain représente en effet une ressource énergétique très élevée, avec plus de 5 kWh/m2/jour en moyenne et plus de 3 000 heures d’ensoleillement par an. L’éolien, quant à lui, révèle un potentiel exploitable estimé à 25000 MW. C’est fort de ces atouts que le Maroc se dote, en novembre 2009, d’un Plan solaire marocain (PSM), dévoilé à Ouarzazate, devant le Souverain et la secrétaire d’Etat américaine de l’époque, Hillary Clinton. Avec la création de la société Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN), en janvier 2010, la mise en œuvre de cette stratégie audacieuse ne tarde pas.
Grâce aux 2 000 MW que produiront à terme les cinq centrales du PSM, à Ouarzazate, Sabkhate Tah, Foum El Oued et Boujdour, le solaire représentera 14% de la puissance totale installée au Maroc. Baptisée Noor, la première centrale solaire, d’une capacité de 500 MW, sera installée à Ouarzazate et sera réalisée en plusieurs tranches. La première tranche de 160 MW, baptisée Noor I, produira ses premiers mégawatts d’ici août 2015. Confiés au consortium dirigé par le saoudien Acwa Power, les travaux ont été officiellement lancés en mai 2013 et atteignent, un an plus tard, un taux de réalisation d’un peu plus de 20%. Plus de 2 500 collecteurs solaires sur un total d’environ 19 000 ont déjà été réceptionnés. Sur le terrain, près de 1 000 employés, dont 900 Marocains, travaillant pour une trentaine d’entreprises, contribuent à l’élévation de la première centrale solaire thermique à concentration (CSP) du Maroc. Une fois terminée, elle sera l’une des plus grandes au monde.

Les prochaines tranches, Noor II et Noor III, seront bientôt attribuées. 7 consortiums ayant manifesté leur intérêt ont d’ores et déjà été pré-qualifiés en août 2013.

En juillet 2010, c’est au tour de l’énergie éolienne de former une stratégie de développement à long terme tout aussi ambitieuse. Tout comme le PSM, le programme éolien intégré s’articule autour de 5 sites qui seront réalisés pour début 2020. Avec une puissance totale de 1 000 MW, ces 5 parcs éoliens, situés à Tanger, Tétouan, Taza, Tiskrad et Boujdour, assureront 14% de l’électricité produite au Maroc. S’ajoutant aux actuels projets éoliens en cours, il permettra de porter à 2 000 MW la puissance totale installée provenant de l’éolien. D’ici la fin de l’année en cours, le parc éolien de Tarfaya de 300 MW, en cours de réalisation par l’opérateur national Nareva Holding, sera opérationnel. Il sera alors le plus grand parc éolien d’Afrique.
Ajouter à la volonté du pays de renforcer l’énergie hydraulique, qui devrait également peser 14% de la puissance installée d’ici les premières années de la prochaine décennie, les énergies vertes produiront 42% d’électricité pour la prochaine décennie et permettront au Maroc de réaliser une économie annuelle de 1,5 million de tonnes équivalent pétrole (TEP) et de réduire ses émissions de CO2 de 5,6 millions de tonnes/an. Les premiers effets de cette politique volontariste se font déjà sentir. A fin 2013, la part de l’éolien dans le mix énergétique national est ainsi de 4,2%, contre 2,3% en 2012, et celle de l’hydraulique de 9,2%, contre 5,6%. Outre cette dimension environnementale, les plans solaire et éolien revêtent une dynamique économique et sociale non-négligeable. En introduisant le principe d’intégration industrielle dans les contrats, ils stimulent l’implication des entreprises locales dans l’élaboration d’infrastructures à haute valeur ajoutée et dynamisent la formation professionnelle. Reconnues et soutenues aussi bien au niveau national qu’international, les plans solaire et éolien ont tout naturellement obtenu l’adhésion des bailleurs de fonds nationaux et internationaux et des banques de la place pour accompagner le financement des 74 milliards de dirhams nécessaires à la réalisation du PSM et des 31,5 milliards de dirhams pour le plan éolien.