Le marché informatique en perte de vitesse en 2016

Les ventes de PC fixes et portables décroissent de 9% en 2016 par rapport à 2015. La baisse de la commande publique au 2e semestre a eu un impact négatif sur l’activité. Les unités de stockage des données sont très demandées.

L’année 2016 s’achève sur une note négative pour le marché informatique. D’après les chiffres du cabinet IDC (International Data Corporation), à fin décembre 2016, les ventes de PC fixes sont estimées à 102882 unités pour un chiffre d’affaires de 54,52 millions de dollars, en baisse de 9% et 16% par rapport à 2015. Même trajectoire pour les PC portables. Les unités commercialisées ont chuté de 9%, à 129 873, et les recettes de 16%, à 75,06 millions de dollars.

«Cette décroissance suit la tendance mondiale d’un marché qui pâtit d’un cycle de vie de plus en plus long et d’un rapprochement en termes de fonctionnalités entre les PC, les tablettes et les smartphones. Elle reste néanmoins inférieure à celle constatée sur la région MENA», déclare Mohamed Zizi, DG d’IDC pour la région Afrique du Nord et Afrique Francophone. Pour sa part, Hakim Belmaachi, président du directoire de Disway, grossiste et distributeur IT, considère que «seule l’arrivée d’une technologie révolutionnaire pourrait inciter les utilisateurs à changer leur matériel informatique». Dans ce contexte, «le volume d’affaires du segment client est resté relativement stable», déclare-t-il.

Mais le frein majeur reste la baisse générale de l’activité des entreprises. D’après Younès El Himdy, DG de Disty Technologies, grossiste en matériel IT, les entreprises sont frileuses à investir dans le matériel IT par manque de visibilité. La croissance enregistrée lors du 1er semestre de l’année écoulée est due en grande partie à la commande publique. Elle a sauvé le premier semestre 2016.

«Les marchés publics peuvent représenter 40% du total des ventes. Quand les administrations n’engagent plus de dépenses, cela se répercute sur le chiffre d’affaires comme c’est le cas au 2e semestre caractérisé par l’organisation des élections et le ralenti de l’activité», explique M. Belmaachi. L’Etat reste en effet un client majeur du secteur IT. Pour Younès El Himdy, le segment de l’administration publique a connu une baisse importante en comparaison avec les autres segments, notamment le retail et les PME/PMI. Tous les distributeurs attendent par conséquent une reprise de la commande publique nécessaire à la bonne santé du marché.

2017 ne se présente pas sous de bons auspices

En attendant, ils se rabattent sur des niches de développement dans le segment corporate. «Les entreprises s’intéressent aujourd’hui à la mobilité et à la sécurité qui demeurent les segments prioritaires de l’investissement des entreprises», déclare M. El Himdy, même si le marché est encore embryonnaire. «Les entreprises ont choisi d’externaliser vers des data centers extérieurs. Et ce, dans une volonté de se mettre à niveau en termes d’infrastructure de stockage», déclare le président du directoire de Disway. Il reste que seuls les grands revendeurs et intégrateurs peuvent se positionner sur ce type de marché facturé plusieurs millions de dirhams. «Certains ont même su croître dans une année de décroissance. Ce qui a permis d’assainir légèrement le marché», lance le DG de Disty.

D’après les professionnels IT, l’année 2017 ne se présente pas sous de bons auspices. Le retard dans la constitution du gouvernement contribue au blocage de certains projets de l’Etat et ne donne pas de visibilité aux distributeurs sur les engagements d’investissement publics. «Pour l’instant, l’activité du premier trimestre est plutôt calme. Une reprise est attendue au 2e trimestre», remarque M. Belmaachi. En tout cas, toute la profession IT espère que 2017 sera une année de croissance. Encore faut-il que la machine du secteur public tourne à plein régime.