Le Groupe OCP investit 19 milliards de DH à Laâyoune

Le complexe intégré des engrais de Boucraâ nécessitera 16,8 milliards de DH, dont 4,2 milliards pour un nouveau port. D’un coût de 2 milliards de DH, le Technopôle Foum El Oued sera opérationnel en 2022.

Le Groupe OCP ébauche la concrétisation de la stratégie de développement des provinces de Sud. A travers sa filiale Phosboucrâa et sa fondation éponyme, l’office vient de lancer une série de projets structurants pour la région. Avec un investissement global de 16,8 milliards de DH, la construction d’un complexe intégré de production d’engrais et de traitement des phosphates figure en tête. Ce gros projet, qui porte sur l’ensemble de la chaîne de valeur du phosphate, générera à terme près de 1 270 emplois. Il comprend notamment une plate-forme de production d’engrais pour un coût de 8,3 milliards de DH, une usine de lavage et flottation des phosphates (1,7 milliard de DH), une unité de séchage des phosphates destinés à l’export (600 MDH) et un parc de stockage d’une capacité de 500000 tonnes (800 MDH).

Dans l’optique de s’adapter aux conditions maritimes et météorologiques du littoral de Laâyoune, il est prévu également dans le cadre de ce projet la construction d’un nouveau wharf d’un coût de 4,2 milliards de DH qui permettra de développer les capacités logistiques (import et export) de la région. La réalisation de l’ensemble de ces infrastructures industrielles se fera sur une durée de 5 ans.

Plus en détail, la plate-forme de production d’engrais (8,3 milliards de DH) permettra de diversifier le portefeuille produit de Phosboucraâ en transformant le phosphate extrait en acide phosphorique et en engrais phosphatés. D’une capacité de production annuelle d’un demi-million de tonnes d’acide phosphorique et d’un million de tonnes d’engrais, la future plate-forme industrielle, qui s’étalera sur 36 hectares, comportera des unités de production d’acide sulfurique, de production d’acide phosphorique, de production d’engrais, de dessalement d’eau de mer et une centrale thermoélectrique de 62 MW.

Pour ce qui est de l’usine de lavage et flottation des phosphates, l’installation, d’une capacité de traitement de 3 millions de tonnes par an, permettra d’exploiter de nouvelles couches du phosphate de la zone minière de Boucraâ et d’optimiser le gisement exploitable. Cette usine comportera différentes composantes, notamment deux lignes de lavage d’une capacité unitaire de 400 tonnes/heure, une unité de flottation, deux décanteurs de boues et une digue d’épandage de boues et récupération des eaux.

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Un centre de formation pour les métiers de l’industrie du phosphate

D’après le management de l’OCP, la réalisation de ces différents projets se fera en total respect de l’environnement. Il est ainsi prévu le recours à des procédés innovants pour la transformation du phosphate de Boucraâ en engrais et pour la valorisation des produits dérivés, la valorisation de l’énergie thermique générée par l’unité sulfurique en énergie électrique, la réduction de la consommation énergétique pour le séchage de la roche destinée à l’export, et le recours aux eaux de mer dans le procédé de lavage-flottation. «Ce projet ambitionne de créer de la richesse localement par une valorisation sur place des phosphates et de renforcer l’avantage concurrentiel du Maroc», explique-t-on à l’office. De plus, il devra participer à l’amélioration de la compétitivité de la région, à travers notamment le développement d’un tissu industriel de PME et PMI, et de nouveaux métiers liés aux activités de transformation du phosphate en engrais (ingénierie, construction, maintenance, gestion de projets…).

Les aspects socio-économiques ne sont pas en reste. Le groupe a ainsi donné le feu vert pour le début des travaux de construction du Technopôle Foum El Oued. Selon le management de Phosboucrâa, il sera réalisé en 2 phases moyennant un investissement de 2 milliards de DH d’ici à 2022. Le technopôle accueillera l’Université Mohammed VI Polytechnique Laâyoune qui sera orientée vers la recherche, l’innovation et la formation dans les domaines des sciences et techniques relatifs aux zones arides et sahariennes et comportera un pôle d’enseignement et de R&D autour des thématiques économiques et environnementales liées à ces zones. Le Technopôle abritera également des pôles dédiés au développement des compétences des jeunes et à l’encouragement de l’entrepreneuriat. Il sera doté d’un centre de compétences industrielles dédié aux formations liées à l’industrie du phosphate afin, d’une part, d’accompagner le déploiement de la stratégie industrielle du Groupe OCP et de sa filiale Phosboucraâ, et, d’autre part, de dynamiser le tissu économique local et régional.