Le fonds de restructuration financière des PME ne séduit pas encore assez d’entreprises

Le montant total des crédits garantis depuis 2006 est d’environ 75 MDH sur une enveloppe prévue
de 275 MDH.
Les entreprises préfèrent négocier directement avec les banques.

Timide. C’est ainsi que l’on peut qualifier l’activité du fonds de garantie Istimrar destiné à la restructuration financière des PME. Lancé en 2006, doté d’une enveloppe de 275 MDH, le fonds qui est conjointement géré par la Caisse centrale de garantie (CCG) et l’Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME) n’a jamais vraiment séduit les entreprises, alors que l’idée de base qui le soutient correspond à une problématique réelle : restructurer la dette financière des entreprises et leur permettre d’entamer un cycle de fonctionnement normal tout en atténuant l’ampleur d’une garantie supplémentaire, grâce à la garantie étatique à hauteur de 50% du prêt.
Il faut croire que soit les entreprises sont capables de se passer du produit, soit ce dernier n’est pas assez connu. A peine 35 crédits ont été garantis entre 2006 et 2008 avec un pic de 16 dossiers durant l’année du lancement. En 2009, Istimrar a déjà agréé vingt-cinq demandes de garantie, «soit une évolution de 120% par rapport à l’année dernière», soutient-on auprès de la CCG. Cette évolution est à relativiser eu égard au nombre de demandes acceptées durant l’année précédente. Mais selon la caisse, cette évolution, qui permet au fonds de garantir une enveloppe de crédits de plus de 75 MDH contre 34 MDH en 2008, «dépasse même les objectifs fixés pour 2009».

Les PME peuvent avoir des taux variant entre 6 et 7%
En d’autres termes, le lifting du produit réalisé en septembre 2008 a eu des retombées bénéfiques. Le fonds a en effet subi de profondes transformations comme son ouverture à tous les secteurs à l’exception de la promotion immobilière, de la pêche hauturière et de l’agriculture.
Le désencadrement du taux d’intérêt qui est désormais fixé d’un commun accord entre la banque et l’entreprise fait également partie des grandes mesures de la réforme. Lors du lancement du fonds, le taux était compris entre 5 et 6%. C’était trop faible pour les banques. Avec les modifications apportées, il ne doit en aucun cas dépasser le taux moyen pondéré des bons du Trésor de même maturité, au cours des six derniers mois, majoré de 125 points de base. Autrement dit, les PME peuvent, en s’adossant au fonds, décrocher des taux variant entre 6 et 7%, soit un point de plus, mais ils sont de loin moins élevés que les 9% habituellement proposés par les banques pour ce type de crédit. Du côté de l’ANPME, on n’est pas tout aussi satisfait. Il est indiqué que la baisse des taux d’intérêt a poussé les entreprises vers des négociations directes avec les banques sans passer par le fonds. «Maintenant que les entreprises ne sont plus obligées de réaliser un diagnostic stratégique, aucune des deux parties ne veut se soumettre aux conditions d’un fonds qui ne garantit que 50% du montant du prêt», commente-t-on auprès de l’Agence.