Le Fogarim sera relifté : détails exclusifs

Suppression de l’attestation du caïd, augmentation du plafond de la traite à 1 500 DH… de nouvelles mesures seront annoncées incessamment.

Sur un objectif de 10 000 dossiers pour 2005, le Fogarim (Fonds de garantie en faveur des populations à revenus irréguliers et modestes) n’en réalisera pas plus de 3 000. Annoncé en grande pompe, puis lancé en janvier 2004 par le ministère de l’Habitat qui voulait en faire un outil pour surmonter les difficultés d’accès au financement des ménages à revenus irréguliers désireux d’acquérir un logement, ce fonds avait jusque ici du mal à décoller. Aujourd’hui, la situation semble évoluer favorablement grâce aux opérateurs privés, en particulier BMCE Bank et le groupe Addoha. Partant de l’idée que le déficit de consommation était à l’origine du démarrage en demi-teinte du Fogarim, ils ont monté séparément des campagnes d’information en direction des acheteurs potentiels. Leur appel a eu un écho favorable, sachant que des commandes fermes se sont multipliées, notamment chez Addoha. Les messages sont quasiment similaires. De manière générale, il est indiqué que les acquéreurs potentiels peuvent bénéficier d’un financement à hauteur de 100 % pour un prix du logement pouvant atteindre 200 000 DH.

Déficit de communication? Addoha et BMCE en apportent la preuve
Un problème de communication ? Doit-on résumer le blocage à cela ? Non, de fait les campagnes lancées devancent les réaménagements du produit qui seront incessamment annoncées. En effet, les ministères de l’Habitat et des Finances se sont mis d’accord sur un nouveau dispositif, qui sera consacré par un avenant à la convention entre les banques et la CCG (Caisse centrale de garantie), organisme gestionnaire de ce fonds. Tout d’abord, il est prévu de porter le plafond de la traite mensuelle de 1 000 à 1 500 DH pour permettre aux bénéficiaires de prêts d’accroître leur possibilité d’emprunt en la rapprochant de 200 000 DH sur 25 ans pour des taux d’intérêt pouvant varier entre 7,5 et 8,5 %. Il s’agit ainsi d’adapter le Fogarim à l’offre disponible, en attendant la mise sur le marché, et en quantité industrielle, des logements à faible VIT (valeur immobilière totale), vendus autour de 120 000 DH.
Rappelons que ce réaménagement a été demandé par les promoteurs immobiliers, à partir de l’observation que nombre de ménages disposent d’un revenu mensuel de 3 000 DH et plus, même s’ils ne peuvent pas toujours présenter de justificatifs. Toutefois, certains observateurs estiment que le nouveau dispositif financier risque d’attirer vers le Fogarim les populations plus aisées, notamment celles à revenu fixe. Ce qui permettra au passage aux responsables de déclarer que les objectifs du fonds ont été atteints.

La durée du crédit maintenue à 25 ans
Le deuxième volet du réaménagement concerne la suppression de l’attestation de revenu délivrée par le caïd. Une décision intervenue en raison de l’impossibilité de concevoir un modèle type pour ce document et du fait que certains caïds refusent de la délivrer de peur d’engager leur responsabilité. A la place, l’emprunteur fournira une simple déclaration sur l’honneur. Néanmoins, l’agence bancaire se réserve le droit d’enquêter sur le bien-fondé de cette déclaration, après entretien avec le requérant, ou suite à des visites sur le terrain.
En définitive, les promoteurs qui sont fortement impliqués dans le logement social se félicitent des progrès, même si toutes leurs suggestions n’ont pas été prises en considération. Parmi les points rejetés figure le prolongement de la durée du crédit de 25 à 30 ans. Ce rejet est dû au fait que les banques redoutent les risques liés à la transformation des ressources à court terme en emplois à long terme.
Enfin, la demande relative à l’élargissement du bénéfice de la ristourne d’intérêt des programmes agréés avant sa suppression, en 2004, aux éligibles au Fogarim a également été refusée par le ministère des Finances. Tout d’abord, il est estimé, auprès de ce ministère, qu’un cumul d’avantages est malsain. De même, ajoute-t-on, que le fonds fonctionnera sans ristourne, car il est censé remplacer celle-ci. Mieux, on considère que le système des ristournes, qui coûtent 500 MDH par an à l’Etat, n’a plus sa raison d’être : il a été instauré à un moment où les taux oscillaient entre 14 et 15 %, alors qu’ils ne dépassent plus 7,5 à 8% aujourd’hui.