Le crédit-bail, une réponse adaptée aux besoins d’investissement des PME

• Il permet de financer intégralement l’investissement, sans apport initial et sans garanties lourdes à fournir • Les solutions du marché peuvent couvrir un investissement à partir de 100 000 DH dans le mobilier et 1 MDH dans l’immobilier.

Si le crédit-bail s’est développé de manière notable depuis son introduction au Maroc il y a plus de 50 ans (son encours, dépassant les 43 milliards de DH à fin 2016, est 6 fois plus important que le stock enregistré en 2000), il est encore loin de s’être pleinement imposé en tant qu’instrument de financement alternatif notamment auprès des PME. En effet, selon les statistiques officielles, ce mode de financement représente encore moins de 30% des crédits d’investissement accordés aux entreprises. Il arrive bon dernier après l’autofinancement, les dettes fournisseurs et l’endettement bancaire.
Pis, le secteur est depuis quelques années sur la pente descendante. Après une croissance miracle qui a duré plus d’une décennie, le marché du crédit-bail a considérablement ralenti la cadence sur les dernières années. Depuis 2009, le secteur a enregistré une croissance annuelle moyenne limitée à 4% avec même une quasi-stagnation l’année dernière alors que pendant les années 1995 à 2008 il a aligné chaque année en moyenne une progression de la production de plus de 20%.

Des atouts indéniables

Pourtant, le leasing ne manque pas d’atouts. Il permet en effet de financer intégralement l’investissement, si bien évidemment la capacité d’endettement du client le permet, là où le crédit classique nécessite un apport initial. Ainsi, le preneur préserve sa trésorerie et conserve ses fonds propres pour les affecter au financement des besoins de son exploitation. En outre, le crédit-bail dispense généralement le client de fournir des garanties lourdes. En effet, les bailleurs se couvrent généralement contre les risques simplement en gardant la propriété du bien à financer jusqu’à l’expiration du contrat. Last but not least, le crédit-bail bénéficie d’un régime fiscal approprié : déductibilité des charges, possibilité d’amortissement accéléré…

Ce qui plaide encore pour le recours à ce mode de financement c’est la diversité des solutions proposées sur le marché qui permet de s’adapter aux besoins spécifiques des entreprises. Ainsi, le crédit-bail mobilier peut servir au financement d’engins de chantier et de BTP, d’équipements industriels et machines-outils, de matériel médical ou informatique… pour des besoins démarrant à 100 000 DH et la possibilité de couvrir l’intégralité de l’investissement. Pour sa part, le crédit-bail immobilier, qui peut être sollicité pour des besoins d’au moins 1 MDH généralement, finance les biens immobiliers anciens, neufs ou à construire, les plateaux de bureaux, les sièges sociaux, les bâtiments industriels… Le financement peut être étalé sur 24 à 60 mois pour le crédit-bail mobilier et la durée peut aller jusqu’à 12 ans pour le leasing immobilier, avec la possibilité de bénéficier d’un différé de remboursement.

Le leasing est-il un mode de financement courant ? En quoi consiste-t-il ?

Le leasing ou crédit-bail est un mode de financement de plus en plus prisé par les PME marocaines du fait de sa souplesse et son adaptation aux besoins de leurs activités. La société de crédit-bail acquiert, sur demande d’un client, la propriété d’un bien d’équipement mobilier ou immobilier à usage professionnel, en vue de le donner en location à ce dernier pour une durée déterminée, moyennant des loyers définis par avance. Au terme de la location, le client peut acquérir le bien à un prix convenu d’avance. Le leasing sépare ainsi la propriété du bien qui est détenu par le bailleur, de son usage qui revient au preneur.

Quels sont les types d’actifs financés en leasing ?

Il y a lieu de distinguer deux catégories de contrats de crédit-bail :

• Le crédit-bail mobilier, dont les actifs financés sont généralement constitués de matériel de transport et de manutention, d’engins de chantier et de BTP, d’équipements industriels et machines-outils, de matériel médical ou informatique…

• Le crédit-bail immobilier, dont le financement porte sur des actifs immobiliers à usage professionnel construits ou à construire. Il s’agit principalement de plateaux de bureaux, sièges sociaux, locaux commerciaux, unités industrielles, entrepôts et centres logistiques…

Quelle est la maturité usuelle d’un contrat de leasing et quelle est la quotité d’investissement susceptible d’être financée ?

Pour le crédit-bail mobilier, la durée du contrat varie de 2 à 5 ans. Pour le crédit-bail immobilier et compte tenu de la nature du bien à financer, la durée peut aller jusqu’à 10 voire 12 ans. Les loyers peuvent être constants, dégressifs ou progressifs, selon les besoins de l’entreprise. Contrairement au crédit bancaire, pour lequel un apport en fonds propres est généralement exigé, le leasing peut financer jusqu’à 100% du montant de l’investissement si la capacité d’endettement du client le permet.

Justement, quelles sont les principales différences entre le leasing et le crédit bancaire ?

La différence majeure réside dans les écritures comptables au niveau du bilan du client. Le bien financé en leasing n’apparait pas dans les immobilisations du preneur puisqu’il est porté directement par la société de crédit-bail. Seuls les loyers sont comptabilisés en charges externes et sont déductibles du résultat imposable. Ainsi, le leasing permet aux entreprises d’alléger leur bilan et de mieux piloter leur résultat d’exploitation.