Le cours du brut fait flamber la dépense de compensation : 44% de l’enveloppe consommés en trois mois !

Au cours du premier trimestre, le Maroc a acheté son pétrole, en moyenne à  76,3 dollars.
Depuis fin avril, le cours du Brent a cependant reculé de 20%.

Bonne nouvelle pour les pays importateurs de pétrole : le prix de l’or noir a perdu près de 20%, soit 18 dollars, depuis la fin du mois d’avril. Mardi 25 mai, en effet, le baril du Brent de la mer du Nord cotait à 68,31 dollars, après avoir frôlé les 90 dollars fin avril/début mai.
Bien que la demande chinoise reste importante, les plans d’austérité adoptés par les gouvernements de la zone euro, consécutivement à la crise de la dette qui a frappé la Grèce et menace de nombreux autres pays, font planer de grosses inquiétudes sur la reprise mondiale, en particulier dans le Vieux Continent, et donc sur la demande de pétrole.
Pour le Maroc, ce niveau de prix est conforme à la prévision (70 dollars le baril) retenu dans la Loi de finances 2010, et «acceptable» pour l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole). Il faut dire que, parallèlement, le cours du dollar est en hausse, ce qui atténue l’inquiétude des producteurs.

Importations pétrole brut: hausse de 55,4% en valeur et baisse de 7,7% en volume

Il faut savoir cependant que, compte tenu de la hausse des prix observée sur le premier trimestre de cette année, 43,8% du montant inscrit dans la Loi de finances 2010 au titre du soutien des prix des hydrocarbures ont déjà été consommés. Selon les données de la Direction du trésor et des finances extérieurs (DTFE), en effet, les approvisionnements du Maroc sur les trois premiers mois de cette année ont été effectués sur la base d’un pétrole à 76,3 dollars le baril. Ce faisant, les charges de compensation ont explosé, passant de 1,2 milliard de DH en mars 2009 à 6,1 milliards un an après, dont 4,8 milliards au titre des produits pétroliers.
Ceci pour l’impact sur les finances publiques. Mais il n’y a pas que cela puisque les comptes extérieurs sont également affectés par ce renchérissement au cours du premier trimestre. La hausse des importations résulte notamment de la hausse de la facture énergétique de 53% à 15,7 milliards de DH. Par produit énergétique, les achats de pétrole brut ont enregistré une hausse en valeur de 55,4% alors même que le volume a, lui, baissé de 7,7%, ceux du gasoil et du fioul une augmentation de 61,2%, tandis que les acquisitions de gaz de pétrole et autres hydrocarbures ont crû de 55,7%.