Le contrat-programme de l’agroalimentaire a généré 5,1 milliards de DH d’investissements à ce jour

Le bilan d’étape a été dressé lors d’une rencontre nationale, mardi dernier, dans la région de Béni Mellal-Khénifra.

Quelque 194 projets, 5,1 milliards de DH d’investissements et 25000 emplois. Tel est le bilan d’étape du contrat-programme de l’industrie agroalimentaire, dressé par le ministre de l’agriculture Aziz Akhannouch, mardi 3 décembre, à Béni-Mellal.

S’exprimant lors d’une rencontre nationale, organisée par le ministère de l’agriculture, en partenariat avec le ministère de l’industrie sous le thème «La promotion de l’investissement dans les industries agroalimentaires dans la région de Béni Mellal-Khénifra», M. Akhannouch a loué les synergies du Fonds de développement agricole (FDA) et du Fonds de développement industriel (FDI), qui étaient derrière ces réalisations.

Intégration de l’amont agricole et l’aval industriel

Pour rappel, le contrat-programme signé en 2017 en marge du SIAM s’étale sur 5 ans, avec un investissement global de 12 milliards de DH, dont 8 milliards de DH des opérateurs privés, et 4 milliards de DH de la part des Départements de l’agriculture (2,8 MMDH) et de l’industrie (1,2 MMDH). L’objectif étant l’intégration de l’amont agricole et l’aval industriel dans un contexte où la production de toutes les filières végétales et animales a augmenté de manière significative, parfois du simple au double (+83% pour les agrumes, +93% pour les céréales et l’arboriculture, +136% pour les olives, +34% pour le maraîchage, +62% pour les dattes, +214% pour les semences, +53% pour les viandes rouges, +41% pour les viandes avicoles).

Sur un autre registre, le ministre a appelé les investisseurs à s’unir, à se regrouper et à réaliser leurs investissements dans la zone industrielle au lieu d’unités individuelles, sous-dimensionnées par rapport à la réalité du marché. Il a rappelé que la commission ministérielle encourage ces investisseurs, et il a mis l’accent sur le rôle de l’Agence de développement agricole (ADA) dans leur accompagnement et leur regroupement.

Etait également de la partie, le ministre de l’industrie, Moulay Hafid Elalamy, qui a souligné, de son côté, la nécessité de développer les investissements dans les industries agroalimentaires, qui emploient 153 000 personnes.

Il a, dans ce sens, concédé que le secteur de l’industrie agroalimentaire est toujours «fragile», ce qui nécessite des efforts concertés et des investissements accrus, relevant que la coordination entre les ministères de l’agriculture et de l’industrie avait un impact positif en termes de programmes et de stratégies visant la promotion de ce secteur.

Pour sa part, le wali de la région Béni Mellal-Khénifra, Khatib El Hebil, a fait savoir que la rencontre s’inscrit dans le cadre des initiatives entreprises par les différents acteurs. L’objectif étant de mettre en place de dispositifs à même de stimuler et d’encourager l’investissement dans la région, conformément à la Vision royale qui a instauré la régionalisation avancée, en vue d’un développement territorial équilibré, intégré et adapté aux spécificités de chaque région.
«La région Béni Mellal-Khénifra se caractérise par ses ressources naturelles et humaines et se distingue par ses potentialités agricoles, touristiques et minières importantes, lui permettant ainsi d’occuper une position privilégiée parmi les régions du Royaume», a-t-il enchaîné. Et d’ajouter que «la réalité de l’économie régionale nous oblige à intensifier les efforts pour rehausser les taux de valorisation de notre production agricole qui restent modestes, notamment dans certaines filières comme les agrumes, dont le taux de valorisation ne dépasse pas 15%, et les viandes dont la valorisation est limitée à 18%, alors que le taux de valorisation du lait est de 60%». Dans le même ordre d’idées, le président du Conseil régional, Brahim Moujahid, a indiqué que le Conseil de la région a œuvré à l’adoption d’un ensemble de mesures visant à développer le secteur agroalimentaire, à savoir le développement des infrastructures de base de ce pôle en le reliant au réseau routier, en le dotant de l’eau potable et de l’assainissement liquide, et en mettant en place une station de traitement des eaux usées.

Il a ajouté que le conseil avait préparé un cahier des charges visant à encourager les investissements dans ce pôle en mobilisant d’importantes enveloppes financières, en permettant aux investisseurs de bénéficier d’une série d’avantages et en soutenant l’acquisition de la propriété à hauteur de 200 DH/m2.
Notons, enfin, que la rencontre a été marquée par la signature de l’avenant du cahier des charges relatif au Fond régional d’appui à l’investissement et à la création de l’emploi au niveau de l’agropole de Béni-Mellal, ainsi que des contrats de cession des lots à l’agropole au profit des agro-industriels, outre le lancement des travaux d’une unité frigorifique à l’agropole.