Le CMI veut équiper 60 000 commerçants en TPE d’ici 2016

Le réseau compte actuellement 28 000 affiliés. En 2012, 5 900 nouveaux commerçants ont été équipés dont 20% dans le secteur de la santé. Expérience inédite à  Derb Ghallef : deux magasins disposent d’un TPE.

S ’il y a de plus en plus de cartes bancaires en circulation au Maroc, il y a aussi de plus en plus de commerçants équipés en terminaux de paiement électronique. Le Centre monétique interbancaire (CMI), à travers une stratégie commerciale dédiée, s’emploie à les inciter à se convertir à ce mode de paiement moderne. Aujourd’hui, 28 000 commerçants à travers le Maroc en sont équipés contre 20 000 environ en 2011. Rien qu’en 2012, 5 900 nouveaux commerçants se sont laissé séduire. Le CMI table sur 8 000 nouveaux commerces pour l’année en cours. Et la cadence devrait s’accélérer puisqu’il espère équiper en moyenne 10 000 commerçants chaque année durant les trois prochaines années. Son objectif est de toucher 60 000 commerçants à l’horizon 2016 en s’appuyant sur la sensibilisation faite par ses partenaires, les banques notamment, et en menant ses propres actions de proximité caractérisées par la mise en place depuis quelques années d’un réseau d’une vingtaine d’implantations estampillées CMI dans les différentes villes du Maroc.

Ces trois dernières années, c’est le secteur de la santé (laboratoires d’analyses médicales, pharmacies, cliniques, centres dentaires mais aussi les médecins…) qui a concentré le plus de nouveaux équipements, soit 20% des nouveaux affiliés. Viennent ensuite les secteurs de la restauration et du prêt-à-porter avec chacun 10% des nouveaux affiliés.

La multiplication des centres commerciaux augmente le taux de pénétration

La multiplication des centres commerciaux n’y est bien sûr pas étrangère. Même le quartier le plus informel du Maroc, Derb Ghallef, s’y met. Deux commerçants y sont pour l’instant équipés en TPE : ces derniers assurent parfois le paiement électronique de boutiques voisines dont les clients souhaitent payer par carte bancaire. Une expérience inédite, qui associe le CMI à quelques banques de la place. Il faut dire que les commerces peu structurés, parfois même informels, restent réticents à un mode de paiement qui, par définition, est traçable à 100%.

Tout est fait pour convaincre les plus réticents. «Dans leur grande majorité, les commerçants disposent du TPE gratuitement. Le matériel, sa maintenance, ses consommables, les relevés… sont pris en charge par le CMI. Une commission équivalent à un pourcentage des montants réglés est prélevée», nous explique Ismaïl Bellali, DG adjoint du CMI. Certains commerçants établissent un montant minimum supérieur au paramétrage de base du TPE. «Ce minimum est laissé à la discrétion du commerçant, sauf si, bien entendu, il est exagéré. Dans ce cas, le CMI intervient pour le sensibiliser», rassure Ismaïl Bellali. En moyenne, le montant ne dépasse pas les 150 DH.

A noter qu’à ces commerces physiques s’ajoutent près de 800 sites marchands qui acceptent également le paiement par carte bancaire.