Le Centre monétique est opérationnel

Les commerçants pourront soit utiliser gratuitement le TPE placé
chez eux, soit payer un loyer en contrepartie d’une baisse des commissions.

Le Centre monétique interbancaire (CMI) est opérationnel depuis fin février. Toutefois, il ne gérera l’ensemble des paiements effectués par carte bancaire pour le compte des différentes banques qu’à partir d’avril. Le transfert d’activité a déjà commencé avec la reprise du fonds de commerce de la BCP, représentant les contrats signés entre celle-ci et les commerçants de son réseau en vertu desquels les banques plaçaient des terminaux chez ces derniers et percevaient des commissions sur les transactions.
L’ évaluation financière des fonds de commerce de toutes les banques a été effectuée par le cabinet KPMG. Rachida Benabdallah, DG du CMI, reste discrète sur le montant à débourser pour désintéresser les banques. Mais elle indique que pour pouvoir répondre aux engagements à venir, le capital social du CMI a été augmenté de 10 à 98,2 MDH.

8 000 TPE et 8 000 fers à repasser en fonction

En tout état de cause, la relation avec les commerçants ne sera pas bouleversée du jour au lendemain. Selon Mme Benabdallah, «les commerçants pourront soit continuer à opérer selon les anciens contrats signés avec les banques soit en contracter un nouveau avec le CMI».
Les commissions du CMI seront fixées en fonction du type de commerce. Actuellement, le service est gratuit pour les stations service, les supermarchés paient 1% du montant de la transaction, alors que la commission est plafonnée à 4% pour les autres commerces. Même si ce n’est pas une priorité du CMI, la gratuité dont bénéficient les stations services pourrait être remise en cause car «il ne s’agit en aucun d’opérer à perte, puisque dans le cas du paiement par carte étrangère, Visa ou Mastercard ponctionnent automatiquement en moyenne 1,5 % du montant de la transaction», explique Mme Benabdallah.
Pour ce qui est du mode de placement des TPE (terminaux de paiement électroniques), les nouveaux contrats prévoient deux formules laissées au choix des commerçants. Ces derniers peuvent soit garder la formule actuelle qui consiste à utiliser gratuitement le terminal placé chez eux, soit payer un loyer en contrepartie d’une réduction de la commission.
Le parc monétique installé chez les commerçants est actuellement estimé à 8 000 TPE et 8 000 machines manuelles, appelées communément «fer à repasser». Généralement, les banques commencent par placer ces derniers, car ils sont moins coûteux que les TPE qui, eux, coûtent 5 000 DH l’unité, sauf pour les points de vente à fort potentiel. Mais dès que les transactions atteignent un niveau significatif, le «fer à repasser» est remplacé par le TPE. Ainsi, même si le parc est partagé entre les deux types de matériels, 80 % des transactions sont effectuées via le TPE. Le problème est qu’on peut en retrouver deux ou trois chez un même commerçant. Le CMI compte récupérer 25% du parc de TPE, soit 2 000 unités, afin de pouvoir créer un nombre égal de points d’acceptation de cartes. Ensuite, le centre augmentera d’autant le parc des TPE et ce dès 2004.
Par ailleurs, dans le cadre de la généralisation de la carte à puce, le centre compte effectuer la mise à niveau de 4 000 TPE en 2004 afin qu’ils soient conformes aux nouvelles normes de Visa et MasterCard. Les 4 000 autres seront remplacés car leur technologie ne permet pas d’introduire les modifications pour la lecture de la carte à puce