Le bras de fer entre les infirmiers et le ministère de la santé se poursuit

Les 1 784 infirmiers lauréats des instituts publics de formation décidés à 
boycotter le concours prévu en janvier 2008

Le ministère s’est pourtant engagé
à  recruter l’ensemble des effectifs formés.

Ce sont 1 784 infirmiers (1 600 de la promotion 2007 et 184 de 2006), lauréats des Instituts de formation aux carrières de la santé (IFCS), qui ont décidé de boycotter le concours d’intégration prévu pour janvier 2008, après en avoir fait de même pour le test qui était prévu il y a un peu plus d’un mois. Leur prétexte est que l’embauche dans les hôpitaux et centres hospitaliers universitaires (CHU) doit se faire directement. Jusqu’ici, en effet, le recrutement se faisait sur dossier ou sur la base d’un entretien. Mais cette pratique est abolie car, désormais, les infirmiers disposent d’un statut propre qui, rappelons-le, a constitué durant les trois dernières années une des principales revendications des syndicats de la Santé. Et comme tous les agents de la Fonction publique, leur intégration se fait sur la base d’un concours.

Pour certains observateurs, c’est de la surenchère syndicale
En fait, les infirmiers craignent qu’un grand nombre de lauréats ne soit recalé parce qu’ils trouvent les conditions contraignantes. Comme pour tous les autres secteurs de la Fonction publique, la note éliminatoire est fixée à  5/20, 7% des postes disponibles sont réservés aux handicapés et la priorité est donnée aux enfants des anciens combattants. Par ailleurs, ils contestent le fait que les lauréats des écoles privées soient autorisés à  participer au concours alors que celui-ci, comme c’est le cas pour toute la Fonction publique, est ouvert aux seuls titulaires du diplôme de l’IFCS ou de tout diplôme équivalent, ce qui n’est pas le cas pour les diplômes du privé.

Pour dénouer la crise, Yasmina Baddou, ministre de la santé, s’est engagée, lors d’une récente réunion tenue avec les représentants syndicaux, à  embaucher tout le monde en 2008, après l’examen d’intégration.

D’ailleurs, une source bien informée indique que le concours ne sera qu’une formalité puisque les critères d’admission ont été assouplis. Ainsi, la note obtenue lors du concours ne comptera qu’à  hauteur de 20 % contre 80 % pour l’examen final de l’IFCS. Néanmoins, les contestataires campent toujours sur leurs positions, alors que le concours est l’unique voie pour leur intégration dans le secteur public. Dans le milieu syndical, les avis sont partagés. Pour certaines centrales, «la réaction des infirmiers est incompréhensible puisque le ministère peut, cette année, et c’est une exception, procéder à  l’intégration de tous les lauréats en raison de la disponibilité de postes budgétaires». Ces mêmes sources parlent même de «surenchère syndicale qui est le fait de certains éléments perturbateurs».
D’autres représentants syndicaux défendent en revanche l’idée d’une intégration directe, même s’ils n’ignorent rien des textes. En tout cas, dit-on dans le milieu syndical, une solution doit être trouvée car le besoin en infirmiers est important dans le secteur public. On compte aujourd’hui 23 000 infirmiers, soit un déficit d’au moins 10 000.