L’Afrique du Nord enregistre de faibles performances économiques

Le taux de croissance est d’à  peine 1,5% contre 3,3% pour l’ensemble du continent africain. Face à  un tel contexte, l’intégration économique régionale devient une nécessité absolue.

Représentants de gouvernements, hommes d’affaires, experts, acteurs associatifs… Plus de 150 spécialistes étaient réunis cette semaine au Maroc, à l’invitation de la Commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA). En effet, le Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique du Nord (CEA-AN) a organisé, du 3 au 6 mars à Rabat, son 30e Comité intergouvernemental des experts (CIE) sous le thème «Mise en œuvre de l’Agenda 2063 : planification, mobilisation des ressources et financement du développement». Organe statutaire chargé de la supervision des activités du bureau, le CIE est constitué de représentants des gouvernements des sept pays de la sous-région Afrique du Nord (Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie, Soudan). Sa 30e réunion se tient dans un contexte particulier, caractérisé par la persistance de risques sécuritaires élevés, la forte baisse des cours du pétrole et autres produits de base, dont plusieurs pays d’Afrique du Nord sont exportateurs, ainsi que la faible croissance des économies de la zone euro, principal partenaire commercial. Un constat partagé par Karima Bounemra Ben Soltane, directrice du Bureau Afrique du Nord de la CEA. Alors que le continent africain a enregistré une croissance de l’ordre de 3,3% en 2014, la croissance du PIB de l’Afrique du Nord s’est contractée à 1,5%, contre 1,8% en 2013 et un pic de 6,6% en 2012. De même que le déficit consolidé des comptes courants a atteint un niveau record de plus de 37,7 milliards de dollars, les pays nord-africains ayant tous enregistré des soldes négatifs de leurs échanges avec le reste du monde.

Meilleures performances sur le plan social

Il n’en reste pas moins que, sur le plan social, l’Afrique du Nord est l’une des régions du monde qui a enregistré les meilleures performances, notamment pour ce qui est de la réalisation des OMD (Objectifs du millénaire pour le développement). Mais malgré tout, l’impact des progrès réalisés reste amoindri par la persistance de fortes disparités entre hommes et femmes, entre pays et entre régions d’un même pays, par un faible taux de participation de la population active au marché de l’emploi, et un chômage structurellement élevé chez les jeunes et les femmes. Ce déficit structurel, en matière d’emploi, traduit une insuffisante adéquation entre les systèmes éducatifs et les besoins du marché du travail.

Il a aussi été question du rôle du commerce dans l’industrialisation de la région, à travers les thématiques «transport international et facilitation du commerce en Afrique du Nord» et «développement des chaînes de valeur régionales pour accélérer la diversification et la sophistication des économies». Ils ont aussi étudié les enjeux de l’Agenda 2063 pour le développement du continent et la capacité de l’Afrique du Nord à mobiliser les ressources nécessaires pour le financement à long terme de ses économies.