L’accès aux antiviraux s’élargit

Le ministère de la santé a étendu le tiers payant à 56 autres médicaments, soit 86 au total. La décision entre en vigueur le 18 juillet.

La dernière baisse des prix des médicaments, annoncée la semaine dernière par le ministère de la santé, porte à 86 le nombre des produits désormais pris en charge par le système du tiers payant qui entre en vigueur dès le 18 juillet prochain. Les traitements dédiés aux affections longue durée (ALD) ou affections longues et coûteuses (ALC) seront ainsi délivrés par les pharmacies moyennant le paiement du ticket modérateur. L’arrêté relatif à la convention signée entre le Conseil de l’ordre des pharmaciens, la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens et les organismes de gestion de l’Assurance maladie obligatoire vient en effet d’être rendu public.

Jusqu’à présent, seulement une trentaine de médicaments était concernée par le tiers payant. Après la récente décision du ministère de la santé de baisser le prix d’une centaine de spécialités, princeps et génériques, le tiers payant est élargi à cinquante-six autres produits, notamment des antiviraux, des anticancéreux et des immunomodulateurs. Soit des traitements coûteux dont le prix est supérieur à 1 000 DH. Cette mesure s’inscrit, selon le ministère, dans la stratégie d’un plus grand accès aux médicaments. Mais aussi dans le cadre de l’éradication de l’hépatite C à l’horizon 2020. Ce qui explique la baisse des prix de la ribavérine, notamment le Dakasvir et le Ribavir (de 906 à 624 DH), deux médicaments marocains lancés en mars 2016 sur le marché.

L’accessibilité des antiviraux encouragerait les étrangers à venir se soigner au Maroc

Dans le milieu pharmaceutique, on souligne que l’accessibilité de ces antiviraux est un avantage pour le Maroc par rapport à d’autres pays, en particulier l’Egypte, qui ont lancé ces génériques. «Aujourd’hui, plusieurs patients étrangers viennent acheter leurs médicaments ici, notamment des Espagnols dont les caisses d’assurance maladie, en raison de leur situation déficitaire, ne prennent pas en charge ces produits dont le prix est de 500 euros le comprimé», explique le responsable d’un laboratoire de la place. Il est à noter qu’en France, où ces antiviraux n’étaient pris en charge que pour les cas d’hépatite C ayant évolué vers une cirrhose, le ministère de la santé vient d’en généraliser la prise en charge. Et nos sources d’ajouter que «plusieurs patients européens allaient acheter ce traitement en Egypte. Aujourd’hui, pour des raisons de proximité, le Maroc pourrait être une destination plus intéressante».

En dehors, des antiviraux, le tiers payant est étendu aux traitements anticancéreux et aux immunomodulateurs (produits spécifiques pour les transplantations d’organes) dont les prix peuvent atteindre les 40 000 DH.