La typologie des systèmes de retraite

Deux modèles : le bismarckien, fondé sur le principe de l’assurance, et le beveridgien, reposant
sur celui de la solidarité.

En marge de la Caravane de la retraite qu’organise la CIMR du 1er février au 4 avril (voir page 29), le PDG de la caisse nous livre quelques éclairages sur les systèmes de retraite et leur fonctionnement. Cet article est le premier d’une série de huit que nous publierons tout au long des déplacements de ladite caravane.

Les systèmes de retraite modernes trouvent tous leur origine dans deux modèles fondateurs : le modèle bismarckien, fondé sur le principe de l’assurance, et le modèle beveridgien, fondé sur celui de la solidarité.
C’est le chancelier Bismarck qui, en 1889, introduisit en Allemagne l’assurance retraite obligatoire, qui couvre toutes les catégories professionnelles. Alimentée par des cotisations calculées sur le revenu professionnel, elle se fixe comme objectif de garantir, du moins partiellement, le maintien de ce revenu après la cessation d’activité.

Le rapport Beveridge de novembre 1942 sert, lui, à  la mise en place d’un système de retraite obligatoire au Royaume-Uni, alimenté par l’impôt et des cotisations assises sur le revenu. Ce système repose sur 3 principes fondamentaux – les 3 U – Universalité : il couvre tous les résidents; Uniformité : il verse à  tous des prestations identiques en contrepartie des mêmes cotisations; Unité : il est le même pour tous et relève de l’autorité publique.

Très tôt, la question du caractère obligatoire des régimes de retraite a agité les milieux politiques et économiques dans les différents pays européens. En France, c’est en 1910 que cette obligation a été imposée par la loi, alors qu’en Allemagne elle remonte à  1889, et en Angleterre à  1942.
L’analyse économique justifie l’incapacité de l’individu à  se constituer une retraite adéquate, en dehors de l’obligation qui lui serait faite, par trois facteurs : l’insuffisance de l’information dont il dispose, son incapacité à  planifier son avenir (myopie) et la priorité qu’il accorde à  la satisfaction de ses besoins présents.

Un système de retraite obligatoire remplit trois fonctions difficilement maà®trisables à  l’échelle de l’individu.
Il s’agit d’une part du report d’une partie du revenu perçu pendant la période d’activité sur la période de retraite. Bien que ce résultat puisse être atteint à  travers une épargne individuelle volontaire, celle-ci comporte un ensemble de risques que peu d’individus peuvent maà®triser.

D’autre part, le régime de retraite sert des pensions viagères, jusqu’au décès des retraités. Si au plan collectif, l’espérance de vie d’un groupe est connue avec une relative exactitude, ce qui permet au système de retraite de mutualiser le risque viager, à  l’échelle individuelle, la date du décès reste aléatoire. Enfin, troisième fonction, tous les régimes de retraite opèrent peu ou prou une redistribution des revenus. Les champions en la matière sont les régimes forfaitaires, qui servent une pension identique à  tous les retraités, quelles que soient les cotisations versées. Ces régimes sont dits non contributifs par opposition aux régimes contributifs qui garantissent une proportionnalité entre les cotisations versées et les prestations perçues.