La surproduction de volaille pousse l’Etat à  recommander un gel des investissements

La mesure concerne essentiellement les producteurs de poussins. Leur production doit être ramenée à  6,5 millions par semaine au lieu de 7,8 millions aujourd’hui. Elle s’étale sur une année, à  partir du deuxième semestre de 2011.

La mesure est inhabituelle, mais nécessaire. Le ministère de l’agriculture vient de recommander le gel des investissements dans les couvoirs (production des poussins d’un jour, que ce soit pour le poulet de chair ou la ponte) pour une période d’un an. Cette mesure a été prise en concertation avec la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa), lors d’une rencontre avec le ministre Aziz Akhannouch en juin dernier.
La finalité de cette mesure est de rééquilibrer le marché pour rendre l’investissement stable et fiable. «Avec 510 000 tonnes de viande blanche par an, soit 52% des besoins du pays en viandes, nous sommes en surproduction et cela se ressent sur les prix puisque l’éleveur perd aujourd’hui entre 1 et 1,50 DH par kg», explique Khaïreddine Soussi, président de la Fisa.

Même l’importation de poules reproductrices sera limitée

Les couvoirs sont particulièrement ciblés dans cette opération parce qu’il faut agir d’abord sur l’amont de la filière. Les 53 couvoirs (y compris les couvoirs de poussins de ponte et de dindonneaux) produisent aujourd’hui entre 7 à 7,8 millions de poussins par semaine et peuvent atteindre même 10 millions. Or, pour les professionnels, le besoin estimé n’est que de 6 à 6,5 millions de poussins d’un jour par semaine. Les importations des poules reproductrices (2,7 millions par an) seront aussi réduites de 12,5%.
Bien entendu, une telle mesure ne peut avoir d’effets si elle ne s’intègre dans une logique globale. C’est pour cela qu’elle est couplée à plusieurs autres décisions. Les professionnels estiment qu’il faut mieux contrôler les exploitations existantes et autorisées, l’informel pesant encore 15%. Les élevages s’approvisionnant inévitablement chez les accouveurs, un logiciel de traçabilité des ventes va être introduit dès le 1er août dans le circuit de commercialisation des poussins d’un jour.
Autre solution, le secteur veut développer l’exportation. Déjà en 2010, il a expédié, pour la deuxième année consécutive, 800 000 poussins et 3 millions d’œufs à couver vers des pays comme la Mauritanie, le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire. Il est également envisagé d’exporter du poulet de chair.
Aujourd’hui le secteur avicole compte 6 030 élevages de poulet de chair, 411 unités de production de dinde, 233 élevages de poules pondeuses et 23 abattoirs. Le tout permet d’employer 110 000 personnes pour un chiffre d’affaires annuel de 23,2 milliards DH.