La station de dessalement de Chtouka-Aït Baha réalisée à près de 60%

Elle sera mise en service en mars 2021, soit quatre mois avant le délai contractuel. D’ici là, pour la sécurité d’alimentation en eau potable du Grand Agadir, l’Etat investit dans un projet de transfert d’eau du barrage d’Aoulouz vers la station de traitement du barrage Abdelmoumen.

Bonne nouvelle ! Le méga-projet de la future station de dessalement dans la province de Chtouka avance bien. L’infrastructure est globalement à plus de 57% réalisée. Dans le détail, les ouvrages d’approvisionnement sont achevés à 80%. Les travaux de génie civil et maritimes sont pour leur part à un taux d’avancement respectif de 57 et 31%, selon des sources proches du dossier. Les acteurs du secteur suivent de très près ces travaux, car ce chantier d’envergure est vital pour les besoins en irrigation de la zone de Chtouka et ceux d’eau potable du Grand Agadir.

Initié par le département de l’agriculture à la demande des agriculteurs et de leurs associations, ce chantier d’envergure, premier du genre en Afrique, se veut être un projet pour endiguer l’inexorable déficit hydrique de la nappe de Chtouka qui est estimé actuellement à 90 millions de m3. Il s’agit ainsi d’offrir une nouvelle alternative en matière de ressources en eau. Doté d’une enveloppe budgétaire de 4,4 milliards de DH, c’est aussi un modèle de partenariat public privé et le fruit d’un processus de coopération entre le département de l’agriculture et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable pour mutualiser les moyens financiers et infrastructures. A l’échelle mondiale, il se distingue ainsi par son classement de quatrième en termes de capacité de production. Il est aussi à ce niveau le premier du genre du point de vue mutualisation production eau potable et eau d’irrigation.

Lancés en juillet 2018, les travaux comprennent la réalisation de plusieurs ouvrages. Il s’agit de deux prises dans l’océan qui amèneront l’eau de mer dans un bassin de captage, à partir duquel elle sera pompée, après pré-traitement, vers la station de dessalement. Il s’agit également de mettre en place un réseau de conduites enterrées avec ouvrage annexe pour l’irrigation de 15 000 ha au niveau du périmètre de Chtouka. Dans le détail, en matière d’irrigation, les infrastructures au programme sont constituées de réseaux de distribution principale et secondaire qui totaliseront 479 km de conduites enterrées. Ces réseaux desserviront environ 1270 bornes d’irrigation à la parcelle. En outre, l’implantation de cinq stations de pompage placées le long du réseau afin d’assurer une pression suffisante en tout point de livraison d’eau, sont aussi prévues.

station de dessalement de Chtouka-Aït Baha
station de dessalement de Chtouka-Aït Baha

La mise en service de l’unité de dessalement avancée à mars 2021, soit quatre mois avant le délai contractuel, offrira dans la première phase 275000 m3/jour à raison d’un débit de 150 000 m3/jour pour couvrir les besoins en eau potable, et un débit de 125 000 m3/jour pour satisfaire les besoins en eau d’irrigation. Ses installations permettront à terme une capacité totale de 400 000 m3/jour qui devrait être partagée équitablement entre l’agriculture et l’eau potable.
En attendant, institutionnels et professionnels sont encore confrontés à un déficit pluviométrique engendrant un déficit en apports d’eau de surface et de recharge de la nappe. Cette situation se caractérise par un taux de remplissage global des barrages du bassin de Souss-Massa de 24,4% (état de remplissage des retenues des barrages communiqué par l’Agence du bassin hydraulique de Souss-Massa en date du 13 janvier 2020) contre un taux de remplissage global de 42% à la même période de l’an dernier.

Face à la rareté des précipitations, des mesures préventives ont été prises. Selon des sources bien informées, il s’agit tout d’abord de l’arrêt de fourniture en eau d’irrigation agricole de 18000 ha dans le Massa à partir du barrage Youssef Ben Tachfine depuis le mois d’octobre dernier. Pour également assurer la sécurité d’alimentation en eau potable, six forages dans la région d’Agadir sont en cours de travaux. Un investissement de dix millions de DH qui devrait renforcer l’apport des eaux souterraines de 120 l/s, sachant qu’à l’heure actuelle l’apport de la nappe est de 400 l/s pour les besoins en eau potable du Grand Agadir. Estimés au total à 2300l/s, ces besoins sont aussi couverts par les eaux de surface du barrage Moulay Abdallah et du barrage Abdelmoumen à hauteur respectivement de 1000 l/s et 900 l/s.

Le transfert d’eau est également l’autre projet mis en œuvre pour la sécurité d’alimentation en eau potable du Grand Agadir. Il s’agit de la réalisation d’adduction d’eau brute à partir de la conduite provenant du barrage Aoulouz au niveau de la localité de Sebt El Guerdane. L’adduction totalisant une longueur de 50 km permettra de transférer un débit d’eau brute de 1m3/s vers la station de traitement de Sidi Boushab au niveau du barrage Abdelmoumen. D’un coût global de 198 MDH, ces travaux financés par l’Etat démarrent ce mois de janvier pour une mise en service en juillet 2020. En attendant le tout, il est important que tout le monde veille à la réduction des pertes en eau, la gestion rationnelle de l’or bleu étant l’affaire de tous.