La situation sociale des marins prend

150 navires sont autorisés à  pêcher d’autres espèces que le poulpe, pour
faire face aux charges courantes, les salaires notamment

Aquelque chose, malheur est bon. Cet adage vient d’être vérifié dans le secteur de la pêche. Après le sit-in très mouvementé organisé le jour de Aà¯d El Adha par les marins, le ministère de tutelle est à  nouveau monté au créneau pour tenter de décrisper la situation. Ainsi, depuis trois jours, les réunions se succèdent au sein dudit département pour trouver une solution permettant d’atténuer les conséquences économiques et sociales de l’arrêt biologique prolongé jusqu’au 30 avril 2004, et peut être au-delà , si le poulpe ne revient pas peupler très vite nos océans. Pour faire d’une pierre deux coups, Tayeb Rhafès avait jugé utile d’inviter le Syndicat des officiers et des marins de la pêche hauturière (SNOMPH) à  participer aux discussions. Les marins revendiquent huit mois de salaire au moins par an et la création d’un fonds leur garantissant un revenu pendant les périodes d’arrêts biologiques répétitifs. Les armateurs refusent de discuter des problèmes sociaux La réunion de mercredi 4 février a tourné court. Les armateurs ont refusé d’engager des discussions tripartites sur ces questions en expliquant que le problème ne réside pas dans des relations conflictuelles entre les armateurs et les marins, mais plutôt dans la décision d’arrêt de pêche qui affecte l’ensemble du secteur. Ils sont également peu ouverts aux propositions du ministère consistant à  aller pêcher d’autres espèces que le poulpe. A l’évidence, le but recherché est de permettre à  ces sociétés de dégager du cash leur permettant d’assurer tout au moins un revenu minimum à  leurs employés. Il s’agit également d’éviter la dégradation de l’état mécanique des navires à  la suite d’un stationnement prolongé dans le port. De toutes les façons, 150 navires de la pêche hauturière sont autorisés à  aller pêcher d’autres espèces que le poulpe et ce, du 10 février au 15 avril 2004. Mais l’on sait déjà  que les sorties exploratoires effectuées, pendant la semaine du 26 janvier 2004, en présence des experts de l’Institut national de recherche halieutique (INRH), n’ont pas été très concluantes. Les professionnels estiment par ailleurs que cette autorisation a été entourée d’innombrables précautions afin d’empêcher la pêche au poulpe, au point de conduire à  son échec. Le nouveau zoning toujours en discussion A l’heure o๠nous mettions sous presse, rien n’était encore définitivement ficelé. Les points de discorde portent sur les modalités de cette autorisation dont la délimitation des zones de pêche, jugées trop éloignées des côtes : «Au-delà  de 30 miles marins entre les parallèles 23° et 25°, et au-delà  de 15 miles marins pour le reste de la zone, située entre Boujdour et Lagouira», relève-t-on dans un communiqué du ministère des Pêches. Parallèlement à  ces réunions de crise, un plan de restructuration du secteur est en cours de discussion avec les professionnels. Le ministère tente de réduire de 45 % l’effort de pêche, et donc le nombre des navires, suivant les recommandations de l’INRH. La tâche n’est pas aisée car chaque segment de la pêche au poulpe (hauturier, côtier ou artisanal) défend sa part du gâteau