La région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, destination touristique tout au long de l’année

• La région réalise un taux d’occupation globale de 39%. Le CRT ambitionne d’atteindre un TO de 43% en 2023.
• L’hôtellerie de luxe représente 18% du total de la catégorie d’hôtels classés de la région.

Au cours des dernières années, la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a confirmé sa capacité à concurrencer les grandes régions touristiques du Royaume. Ce qui revient, en fait, et cela vaut particulièrement pour Tanger, à récupérer sa place de jadis, de première destination touristique du pays. En terme de performance, elle s’améliore progressivement mais peut toujours mieux faire. Vendredi 17 juillet, ce potentiel de la région du Nord a été débattu au cours d’une conférence de presse organisée par Tamouda Bay Banyan Tree dans ses locaux sis dans la baie éponyme. Au menu, entre autres, plusieurs mesures prises par les différents acteurs du tourisme de la région afin de remédier au problème de la saisonnalité.

La région a réalisé un TO de 39% en 2019

La mission que se sont fixé les acteurs de la région est très critique. En 2019, la région a eu un taux d’occupation de 39%, dû essentiellement à la grande affluence estivale. Entre octobre et mai de la même année, les établissements hôteliers classés de la zone Mdiq-Fnideq affichent un taux d’occupation aussi bas de 13%. Entre juin et septembre, ce pourcentage s’élève heureusement à 45%. Chef-lieu de la région, Tanger enregistre parallèlement un taux d’occupation meilleur de 49 et 65%. Mais, même si Tanger Métropole a attiré 7,6 milliards de dirhams d’investissements entre 2017 et 2023, il n’en reste pas moins que Tanger-Tétouan-Al Hoceima souffre globalement de cette non-consistance des arrivées touristiques. De quoi ériger la question de la saisonnalité au niveau de la première faiblesse de la région.
Face à cette situation, CRT et délégation ministérielle s’activent en attendant de voir le résultat sur le terrain. Ce qui est sûr c’est que la région regorge d’opportunités. Les principales villes disposent d’un héritage culturel andalou-morisque précieux, à l’image de Tétouan, classée pdes arrivées à Tangeratrimoine culturel Unesco aussi tôt que les années 90. La région compte également plus de sept anciennes médinas, capables à elles seules de drainer du flux. A elle seule, Chaouen connaît un engouement hors normes depuis la prolifération des réseaux sociaux. D’autres sites d’une valeur culturelle et touristique inestimable, comme le site romain de Lixus ou la ville d’Al Hoceima, viennent enrichir ce patrimoine qui ne demande qu’à être exploité.
Par ailleurs, la région a connu également l’arrivée de grandes marques de luxe comme Banyan Tree, St Regis Tamouda Bay et W Marriott Tanger. Ce segment prend de plus en plus d’ampleur et la fréquentation de l’hôtellerie de luxe représente 18% du total de la catégorie d’hôtels classés de la région. Cela correspond à plus de 155 068 sur 837 259 arrivées, dont les nationaux représentent 47%, et 280 832 nuitées sur un total de plus de 2 millions de nuitées.
En dehors de ces opportunités, la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima dispose de forces qu’il faut consolider. La place de Tanger est désormais renforcée en tant que grand pôle économique, dont la notoriété augmente grâce notamment au port Tanger-Med. Sur le tourisme, cela a des effets très positifs. De plus, la ligne LGV, reliant le pôle Rabat-Casablanca à Tanger semble avoir pris son rythme de croisière. Plusieurs touristes l’utilisent comme liaison suite à la traversée de la Méditerranée. Et cette liste n’est pas exhaustive.

Les opérateurs se sont regroupés

D’abord, toutes les opérations touristiques doivent maintenant prendre comme assise une convention signée début juin entre les différentes associations professionnelles en vue de proposer des offres touristiques communes. Baptisée «Ntalakaw Fe Chamal», cette initiative s’inscrit dans une orientation générale du tourisme national, pressentie après le confinement : les régions doivent prendre les choses en main lorsqu’il s’agit d’offres touristiques locales. Globalement toutes les initiatives prises doivent faire en sorte que la région soit considérée comme une destination tout au long de l’année. Pour cela, le CRT de la région s’est fixé des objectifs à atteindre à l’horizon de 2023. Primo, la région devra dépasser le nombre de 1,6 million d’arrivées contre 1 million en 2019. Secundo, le CRT cible un taux d’occupation de 43% au lieu de 39% enregistrés l’année dernière. Il faudra retrousser les manches.