La régie autonome de transport urbain de Rabat sera liquidée

Elle fonctionne avec un ratio de 32 employés par bus !
Sa liquidation est inscrite dans un plan global de restructuration du transport
urbain de Rabat.
Les autorités souhaitent au maximum trois concessionnaires pour toute
la ville.

Le transport urbain de Rabat pose de sérieux problèmes aux autorités locales et aux usagers : la régie d’autobus est moribonde, les sociétés privés qui assurent ce mode de transport travaillent dans une complète illégalité puisque le contrat de concession qui les liait à  la ville a expiré depuis plus de sept ans. Il faut ajouter à  cela un parc de quelque 450 autocars appartenant à  diverses administrations pour le transport du personnel et qui a besoin d’être renouvelé.
Mais d’abord la RATR (Régie autonome de transport urbain de Rabat), dont la situation est catastrophique. Selon Omar El Bahraoui, président du Conseil de la ville, la régie qui emploie plus de 800 personnes ne compte plus que 25 autobus en circulation, soit une moyenne de 32 employés par véhicule.

90 MDH pour financer un plan de réduction du personnel
La régie est assurément un gouffre financier qui a coûté à  l’Etat 270 MDH en 15 ans. Aujourd’hui, elle traà®ne une dette de 300 millions de DH dont 200 millions au titre des seuls impôts, 30 millions de dettes commerciales et 20 millions pour la dette sociale (CNSS, CIMR, etc.) que la régie ne paie plus, de même d’ailleurs qu’elle ne verse plus les primes d’assurance de ses véhicules. Le reliquat est constitué de dettes diverses.
Afin de parer au plus pressé, et très certainement pour éviter des conflits sociaux, l’Etat a pris en charge les salaires des employés, soit 2 MDH par mois.
Pour cette régie, la cause est donc presque entendue. Ainsi, un plan de liquidation a été mis au point par le conseil de la ville, en collaboration, nous dit-on, avec le gouvernement et les syndicats. Il consiste à  payer les salaires et les charges sociales jusqu’à  la fin de l’année en cours et surtout à  négocier les départs volontaires avec une majorité d’employés sur la base du versement d’un mois et demi de salaire par année travaillée. Au total, c’est une enveloppe de 90 MDH qui sera nécessaire pour l’exécution de ce plan, dont 30 millions à  la charge de la ville. L’Etat renoncerait dans la foulée à  ses dettes fiscales envers la régie.
Ensuite, estime M. El Bahraoui, il va falloir régler la situation des sociétés privées d’autobus. Cela commence notamment par la récupération des redevances de l’exploitation prévues par le cahier des charges. Or, il semble que le règlement de ce dossier ne sera pas de tout repos. Et pour cause, les sociétés privées qui ont des arriérés mettent en avant l’augmentation des coûts d’exploitation pour se justifier. Et, visiblement, elles ne seront pas inquiétées, du moins à  brève échéance. La défaillance de la régie qui n’assure plus que 6 % à  7 % du service freine en effet toute tentative de poursuite à  l’encontre des sociétés privées d’autobus.

Un cahier des charges plus strict sera rédigé
Enfin, les administrations qui assurent le transport de leur personnel n’ont pas les moyens de remplacer leurs vieux autocars dont certains ont plus de 20 ans.

Le plan de restructuration du transport urbain dans l’agglomération de Rabat doit prendre en considération toutes ces données et les intégrer.
Il est prévu ainsi de lancer un appel d’offres dès novembre pour une reconfiguration de ce transport. Le souhait des autorités de la ville est qu’il n’y ait à  l’avenir que trois concessionnaires au maximum pour faire face aux déplacements des habitants de Rabat. Pour ce faire, la ville désire que les privés (une dizaine de sociétés actuellement) se regroupent pour participer au nouvel appel d’offres qui intégrera, à  côté des critères financiers, des critères de qualité pour lutter contre la pollution et les accidents. Car, comme à  Casablanca, les autobus de Rabat se livrent aussi à  des courses en pleine ville. Les responsables de la ville se disent décidés à  confectionner un cahier des charges plus strict pour ce qui est des horaires, de la vitesse et de l’état du matériel. Les trajets seront aussi modifiés en fonction de nouveaux impératifs et le champ d’action des autobus élargi. Le ou les nouveaux concessionnaires devront aussi prendre en charge le transport du personnel dans la capitale.

Un appel d’offres sera lancé dès le mois de novembre pour reconfigurer le transport dans la capitale.