La récolte céréalière la plus élevée jamais enregistrée !

Une récolte réalisée sur une superficie inférieure à  celle de 1996. Rendement moyen à  l’hectare : 20 q.
Par rapport à  la moyenne des dix dernières années, la production actuelle est en hausse de 96%.

La saison 2008-2009 sera assurément celle des bonnes nouvelles agricoles, contrastant avec la morosité qui affecte les secteurs secondaire et tertiaire, en raison de l’impact de la crise mondiale sur le Maroc. Il y a deux semaines, La Vie éco, sur la base d’informations préliminaires recueillies auprès du département de l’agriculture ainsi que d’estimations fournies par les professionnels du secteur, faisait état d’une récole minimale de 85 millions de quintaux concernant les trois principales céréales que sont l’orge, le blé tendre et le blé dur. En fin de compte, et en dépit des pertes occasionnées par les inondations dans le Gharb, qui ont détruit 75000 ha, le résultat sera bien plus élevé que celui escompté. Lors de la séance d’ouverture des assises de l’agriculture, mardi 21 avril (voir cet article), Aziz Akhannouch, ministre de tutelle, a annoncé le chiffre de 102 millions de quintaux.

18 q à l’hectare en zone bour
Il s’agit, là, d’un record. Jamais, depuis l’Indépendance (et certainement pas avant), la récolte n’avait franchi la barre des 100 millions de quintaux. En 95-96, saison caractérisée également par une généreuse pluviométrie, la saison s’était terminée sur un score de 97 millions. Et encore, il faut rapporter le niveau de la récolte à celui des superficies emblavées, puisque les 102 millions à venir ne seront réalisés que sur 5,1 millions d’hectares contre 5,8 millions en 95-96. C’est donc le rendement moyen à l’ha qui s’est amélioré, passant de 16,7 à 20 q. Autre caractéristique de l’actuelle campagne, le rapprochement entre rendement en zone bour de celui habituellement obtenu en zone irriguée. Alors que dans le cas des zones irriguées, il varie entre 35 à 40 q/ha, dans les régions dépendantes des pluies, la quantité produite s’est élevée, en moyenne, au cours des dix dernières années à 11 q/ha. La bonne répartition spatio-temporelle de la pluviométrie a permis d’élever ce chiffre à 18 q/ha.
Au final, et si l’on compare les résultats prévus pour cette année à la moyenne des dix dernières, la production enregistre un bond de 96%, et marque un nouveau record dans l’histoire agricole du Maroc. En entrant dans le détail par céréale, on notera que le record vaut surtout pour le blé tendre et partiellement pour l’orge. Les 47 millions de quintaux de blé tendre n’ont jamais été réalisés, alors que les 37 millions pour l’orge ne constituent un record qu’au titre des dix dernières années. Enfin, il nous est déjà arrivé de dépasser, en 2006, les 20 millions de quintaux prévus cette année, au titre du blé dur.