La réalisation de la ligne du Train à  grande vitesse va enfin s’accélérer

Un groupement d’entreprises italiennes devant réaliser une partie du marché a été remplacé par des opérateurs nationaux. Ce changement, conjugué à  la résolution du problème du foncier et aux différents chantiers programmés en 2015, devrait permettre d’accélérer le chantier. Le taux d’avancement des travaux est inférieur à  65%.

Après un démarrage poussif, les travaux de construction de la ligne du Train à grande vitesse (TGV) devraient s’accélérer à partir de l’année en cours. Trois faits majeurs viennent en effet étayer ceci. Le premier, certainement le plus important, concerne des changements opérés récemment au niveau des entreprises qui devaient se charger d’une partie du chantier. Selon nos informations, un groupement d’entreprises italiennes s’est vu retirer le marché et a été remplacé par des opérateurs nationaux. Interrogé, Aziz Rabbah, ministre de l’équipement, du transport et de la logistique, nous confirme ce changement, arguant le principe de la préférence nationale, sans plus de détails. Logiquement, cette décision peut s’expliquer par le non-respect des engagements, vu que c’est la seule raison qui autorise la rupture de contrats dans le cadre de ce genre de marché. «Les nouveaux adjudicataires marocains sont actuellement pleinement opérationnels», ajoute le ministre.
Deuxième fait marquant, les pouvoirs publics semblent avoir surmonté le problème du foncier qui a entravé le déroulement des travaux durant ces deux dernières années. En effet, les procédures d’expropriation se sont avérés plus longues que prévu. Pour accélérer le processus, le ministre de l’équipement avait annoncé, il y a quelques mois au Parlement, que l’ONCF a budgétisé plus d’un milliard de DH pour faciliter le processus et résoudre ainsi le problème du foncier. Cette initiative a, semble-t-il, porté ses fruits, puisque selon les derniers chiffres disponibles, 91% du foncier avaient été apurés à fin septembre 2014. Cette avancée est d’ailleurs perceptible sur le terrain. Tout le long du tracé de l’autoroute reliant Kénitra à Tanger, les travaux d’aménagement du tracé de la ligne sont en effet visibles. Ces travaux se seraient même accélérés ces dernières semaines puisque, actuellement, le linéaire atteint quasiment Tanger.

8,5 milliards de DH sont budgétisés pour cette année

L’autre fait qui dénote de l’accélération du chantier est la programmation cette année par l’ONCF d’un budget d’investissement important pour le projet du TGV. C’est du moins ce qui ressort des documents accompagnant la Loi de finances 2015. En tout, il est prévu de consacrer plus de 8,5 milliards de DH aux investissements à lancer par l’office en 2015, dont 5,5 milliards de DH pour la réalisation de la ligne à grande vitesse. C’est plus du quart du budget global prévu pour le chantier qui devrait donc être investi pendant cette seule année 2015. Toutes les composantes du projet devraient être concernées, des études et travaux de génie civil jusqu’au matériel roulant. L’ONCF prévoit également le lancement cette année des appels d’offres relatifs à la construction de quatre gares ferroviaires spécialement dédiées au TGV.

La première est celle de Casa-Voyageurs dont l’enceinte sera réaménagée. Des travaux devraient également être engagés par les autorités de la ville pour accompagner la mutation de la gare. D’ailleurs, le nouveau plan d’aménagement des Roches Noires trace déjà les contours de ce que deviendra le quartier de la gare (www.lavieeco.com). Il est ainsi prévu la construction de nouveaux parkings et l’élargissement des voies d’accès à la gare pour mieux réguler les flux de déplacement qu’elle devrait engendrer une fois le TGV mis en service. Selon l’architecture retenue, la gare devrait également être ouverte sur le quartier Ain Borja au lieu du quartier initial.

Réaménagement des gares de Casa-Voyageurs, Rabat-Agdal, Tanger-Ville et Kénitra-Ville

La deuxième gare concernée par les appels d’offres de l’ONCF est celle de Rabat-Agdal. Selon les premières indiscrétions, celle-ci sera déplacée de quelques dizaines de mètres. Ce transfert est censé là encore répondre à l’augmentation du trafic attendue et rendre l’accès plus facile.
Les deux autres gares sont celles de Tanger-Ville et Kénitra-Ville. La première, dont la construction est assez récente, est déjà fermée depuis le 7 janvier en raison des travaux d’élargissement des quais et la pose des voies ferrées de la Ligne à grande vitesse.

La seconde est celle de Kénitra-Ville qui sera rénovée de manière à disposer de deux entrées reliant les parties Nord et Sud de la ville. Les travaux devront y être menés tout au long des deux prochaines années pour une mise en service programmée avant fin 2017. Le coût total des marchés relatifs à ces quatre gares est évalué à 1,67 milliard de DH. Le début des travaux au niveau de ces gares devrait rehausser significativement le taux d’avancement du projet, qui se situe actuellement à moins de 65%.

Les pouvoirs publics tablent sur une mise en service au premier semestre 2017, soit avec 18 mois de retard selon le planning initial.