La production de sucre local chute de 11% en raison des inondations qui ont affecté les cultures

2,5 millions de tonnes de betterave sucrière au lieu de 2,9 millions habituellement et 650 000 tonnes de canne à  sucre contre 900 000 t en année moyenne.
Le Maroc devra importer plus de sucre brut pour couvrir ses besoins.

L’ on s’y attendait, après les inondations qui ont affecté le Gharb et le Loukkos au cours de l’hiver dernier, durant lequel 7000 ha ont été perdus, la campagne sucrière de cette année sera en deçà de la moyenne des dernières année. A ce jour, il a été récolté 2,4 millions de tonnes de betterave et on s’attend encore à recueillir quelque 150 000 tonnes. Pour la canne, la campagne est close et ce sont 650 000 tonnes qui ont été produites.

Pour Khalid Benchekroun, conseiller à la présidence de la Cosumar, les conséquences des inondations se sont ressenties sur deux aspects : les cultures perdues (7 000 ha, ce qui fait que l’ensemble de la superficie totale cultivée a reculé à hauteur de 52 000 ha) mais aussi le manque à gagner au niveau de la performance puisque le Gharb qui est dans la moyenne nationale de productivité qui est de 62 tonnes a régressé à hauteur de 35 tonnes/ ha seulement. Résultat: nous sommes loin des performances précédentes avec 2,9 millions de tonnes pour la betterave et 900 000 tonnes pour la canne.

Avec cette récolte réduite, la production de sucre raffiné tombera à 410 000 tonnes, contre 460 000 en année normale. Une baisse de 11% qui ne devrait pas pour autant inquiéter les consommateurs puisque déjà en année normale, le pays ne couvre, en production locale, que 45% du million de tonnes qu’il consomme chaque année (33 kg/hab/an). Le reste étant couvert par les importations de sucre brut qui est raffiné au sein des unités de la Cosumar. Avec les cours élevé du sucre au niveau mondial, la facture de la Caisse de compensation devrait dépasser légèrement les prévisions.

Dans le même sens, les résultats de l’année 2010, ne devraient compromettre en rien la stratégie de Cosumar qui veut couvrir 55 % du pays en 2013 contre 45 % actuellement. Les chantiers permettant d’atteindre cet objectif sont déjà lancés. Il s’agit de la mécanisation, de la plantation d’un semi monogerme pour lutter contre la rhisomanie qui ravage une partie de la récolte.  En parallèle d’autres actions sont engagés comme le programme de plantation de nouvelles superficies de canne et on en a d’ailleurs plantés 5 000 ha rien que cette année. Mais il faudra attendre 18 mois pour la première récolte.