La petite hôtellerie cartonne

En 2005, près de 70 nouveaux hôtels vont ouvrir leurs portes, dont la moitié constituée de 2 et 3 étoiles.
Même sans l’apport du Fonds
Hassan II, on continue d’investir dans
le tourisme.

L’investissement dans le secteur hôtelier est en train de connaître un boom sans précédent. Les chiffres centralisés au niveau du ministère du Tourisme témoignent d’une nette reprise de la construction hôtelière. En effet, déjà en 2004, une quarantaine d’établissements ont ouvert leurs portes dans différentes villes, procurant une capacité additionnelle de plus de 4 000 lits, sans parler des extensions des établissements existants. Ces créations émanent de groupes nationaux ou étrangers qui ont signé des conventions avec le gouvernement marocain (voir encadré), mais aussi de petits investisseurs qui construisent spontanément, sans bénéficier de l’apport du Fonds Hassan II qui profite aux conventionnés (investissement supérieur à 200 MDH), ce qui signifie qu’ils ont confiance en l’avenir du secteur.
Ainsi, et après une année 2004 où la capacité d’hébergement du pays a connu un saut quantitatif important, notamment dans les grandes destinations touristiques comme Marrakech ou Agadir et même Casablanca, l’année 2005 s’annonce tout aussi prometteuse en ouverture de nouveaux hôtels. En dehors des grands projets faisant l’objet de conventions d’investissement (voir encadré), les nouvelles unités qui ouvriront leurs portes en 2005 sont principalement des établissements 3 ou 2 étoiles, voire une étoile.

Beni Mellal, Chefchaouen ou encore Azilal sont également concernées
Tout laisse donc croire que si les grandes pointures de la profession se concentrent sur les hôtels de standing, il existe de petits investisseurs, des nationaux pour la majorité, qui croient en ce secteur. Ainsi, pour l’année 2005, on assistera, si les échéances sont respectées, à l’ouverture d’une quarantaine d’établissements nouveaux totalisant près de 4000 lits supplémentaires, en majorité des hôtels, mais aussi quelques auberges et gîtes ruraux. L’investissement total de ces chantiers s’élève à 620 millions de dirhams.
Pour apprécier l’étendue du phénomène, un tour d’horizon s’impose : les ouvertures pour 2005 concernent d’abord Agadir et Marrakech, qui auront respectivement 6 et 9 établissements nouveaux pour une capacité d’accueil supplémentaire de 800 lits environ. Les autres destinations ne sont pas en reste puisque Ouarzazate, Fès et Meknès connaîtront, elles, l’ouverture de 3 hôtels pour chaque ville.
Ceci étant, on constate aussi des ouvertures dans des destinations nouvelles comme Beni Mellal, avec un deux étoiles et un trois étoiles, deux gîtes à Chefchaoun, ce qui montre que la décision de mettre en avant les atouts de certaines régions pour encourager le tourisme rural ou de sport commence à avoir des retombées positives. Ce constat est d’autant plus confirmé que l’année 2006 connaîtra l’ouverture de deux hôtêls dans des régions reculées comme Azilal (2 hôtels et 2 auberges) ou Khénifra (une auberge et un 2 étoiles) ou encore Nador, qui va augmenter sa capacité d’hébergement de 640 lits.
L’année 2006 totalisera ainsi un investissement de 571 millions de dirhams, pour une capacité additionnelle de plus de 3 000 lits et, en 2007, ce seront plus de 4 000 lits pour un investissement de 657 millions de dirhams.
Cette reprise de l’investissement hôtelier s’explique, selon Jalil BenabbèsTaarji, président de la Fédération tourisme, d’une part, par la conjoncture touristique favorable depuis une année, et, d’autre part, par la politique volontariste des pouvoirs publics de pousser vers l’augmentation la capacité d’accueil. Ces signes montrent aussi, selon lui, que le petit investisseur croit à la Vision 2010. Mais, note M.Taarji, il faut continuer à mettre la pression pour ce qui est de l’augmentation des vols vers le Maroc et pour ce qui est du budget de l’ONMT (Office national marocain du tourisme), principal organe de promotion du pays. Sans quoi, conclut-il, il risque d’ y avoir une déconnexion entre la capacité d’hébergement et les arrivées. En d’autres termes, il ne suffit pas d’avoir des hôtels, il faut aussi les remplir.