La Logan sur le marché à  partir du 15 juillet

Deux prototypes du véhicule ont déjà été produits à la Somaca.
Le lancement de la production est programmé pour mai prochain.
Le prix d’entrée de gamme tournera autour de 75 000 DH TTC.

Renault est déterminé à tenir ses engagements. La Logan, sa voiture «économique», terme auquel on préfère l’appellation «familiale», sera commercialisée sous la marque Dacia à partir du 15 juillet prochain. C’est la date ferme de lancement retenue par le constructeur.
Le projet industriel conduit par Gilbert Lechevalier est déjà bien avancé. Deux prototypes sont même sortis des chaînes de montage de la Somaca, début décembre 2004. Le 31 mars prochain, il est prévu le lancement de la production des pré-séries pour les besoins des tests techniques, qui constituent un préalable à l’obtention de l’accord de fabrication délivré par la direction de la qualité de Renault France. La production de véhicules destinés à la commercialisation débutera, quant à elle, le 31 mai, l’objectif étant de constituer les stocks nécessaires au lancement.
Au démarrage, la cadence de la production s’élèvera entre 60 et 75 véhicules/jour, soit une moyenne de 1 500 véhicules/mois. En revanche, en 2006, année à partir de laquelle le constructeur estime aborder sa vitesse de croisière, la production atteindra 130 à 150 unités/jour, pour une prévision de 30 000 véhicules/an dont une partie sera destinée à l’exportation, notamment vers l’Egypte (8 000 unités/an).

La garantie anticorrosion sera fixée à 6 ans
Le projet industriel comprend plusieurs volets. D’abord des investissements ont été réalisés sur la chaîne de montage Somaca. Un bâtiment spécifique à la tôlerie a été édifié en été 2004. Il abrite les ateliers de tôlerie de la Dacia Logan ainsi que ceux de la Renault Kangoo. Les ateliers de soudure de la Peugeot Partner seront également réinstallés dans ce nouveau bâtiment.
Ce réaménagement du site de production vise à rendre plus fluide les flux de production. La première étape porte sur la réception de la tôle au niveau de l’atelier de tôlerie pour les soudures. La caisse passera ensuite par l’atelier de peinture, qui y est juxtaposé, pour enfin aboutir à la chaîne de montage des équipements.
Fait à retenir : la chaîne de peinture, nous apprend-on, est dotée de deux nouveaux robots destinés à rendre plus homogènes les applications de peinture. Dans ce cas précis, Renault accordera une garantie anticorrosion de 6 ans, à l’instar de ce qui se pratique en Europe.
Renault a investi 275 MDH, la Somaca 55 millions
D’autres investissements ont porté sur la mise en place d’une nouvelle ligne de montage identique à celle qui a été installée dans l’usine Dacia en Roumanie. «Actuellement, nous disposons d’une unité de production au Maroc, similaire à celle de la Roumanie. Nous y avons également adapté le SPR, le Système de production Renault», explique le directeur du projet.
Les investissements communs pris en charge par la Somaca sont de l’ordre de 5 millions d’euros (55 MDH). Renault a, pour sa part, misé 25 millions d’euros (275 MDH). Ce montant comprend les investissements spécifiques réalisés aussi bien au niveau de la chaîne de montage (166 MDH) que chez les fournisseurs d’équipements sélectionnés pour fournir la Logan (99 MDH).

Les prix des équipementiers marocains conformes aux objectifs de Renault
A ce propos, relevons que les objectifs de départ de l’intégration d’équipements locaux ont été revus à la hausse. Le taux d’intégration, prévu initialement à 15%, sera porté à 20% en 2005, pour atteindre 30% en février 2006. «Dans un souci de réduction des coûts de transport, nous avons opté pour des achats locaux plus nombreux, en particulier pour les pièces volumineuses. L’autre facteur qui a milité pour l’augmentation du taux d’intégration concerne l’obligation d’atteindre une valeur ajoutée locale de 40% pour l’entrée en exonération des droits de douane sur les marchés des pays signataires des accords d’Agadir, notamment», confie M. Lechevalier. Il est utile de préciser que, dans le calcul des
40 % de la valeur ajoutée locale, on rajoute, en plus de la valeur des pièces produites localement, les frais de montage facturés par la Somaca.
Pour conduire ce projet d’intégration locale de pièces, deux impératifs ont été pris en compte, le prix et la qualité. Concernant les prix, le constructeur français a demandé aux équipementiers marocains d’être aussi compétitifs que leurs homologues roumains. Puis, en analysant le niveau des coûts des intrants, une marge supplémentaire de 10% par rapport au prix des équipements roumains a été acceptée. «Mieux, nous sommes parvenus à contenir les prix, en moyenne, à peine 8 % plus cher que les produits roumains», précise M. Lechevalier.
Concernant la qualité, les fournisseurs sont tenus d’adopter le système de qualité ANPQP, qui porte sur l’ensemble du processus de production, du développement du produit à son contrôle à la sortie de chaîne.
Sur le plan humain, une équipe de près de 45 personnes assure le suivi du projet industriel. Cette équipe est composée d’une direction des achats chargée de l’intégration locale et de la mise à niveau des fournisseurs, d’un service logistique pour les importations et la gestion locale des flux ainsi que d’un département ingénierie, responsable du développement produit et de la qualité. Enfin, des animateurs métiers Renault spécialisés dans la tôlerie, la peinture et le montage, assisteront l’entité locale au démarrage, pendant une période de 12 à 18 mois.
Quant au prix, même si le projet de Renault qualifiait initialement la Logan de «voiture à 5 000 euros», la version d’entrée de gamme qui sera commercialisée au Maroc, similaire à l’entrée de gamme produite en Roumanie, sera vendue aux alentours de 75 000 DH TTC.

La production commencera fin mai, pour pouvoir constituer les stocks.