La deuxième mouture du plan de pêche pélagique est finalisée

Elle sera présentée à la profession avant la fin de l’année
Accès des côtiers au stock C, affrètement et congélation à bord, stock d’appoint des industriels sont les principaux points qui seront réexaminés.

C’est dans moins d’une semaine que le ministère des Pêches maritimes devra présenter la deuxième mouture du plan d’aménagement de la pêcherie pélagique qui devrait tenir compte des observations faites par la profession. Les enjeux sont de taille pour le secteur : la pêche pélagique représente plus de 80 % des débarquements de poisson au Maroc et engrange un chiffre d’affaires à la halle de près de 1,5 milliard de DH par an.
Quatre points devront concentrer plus que les autres les débats lors de la prochaine rencontre. Le premier a trait au niveau de captures proposées dans le stock C
(à partir du sud de Boujdour). La première version du plan l’avait fixé à un million de tonnes. Un volume loin de satisfaire les aspirations des professionnels qui souhaitent le relever à 1,7 million.

Les pêcheurs côtiers contraints de moderniser leur flotte
Le deuxième point concerne le quota de 100 000 tonnes alloué aux congélateurs à bord. Un quota décrié par les autres composantes de la profession. On reproche à ces opérateurs d’être de simples rentiers sans aucune création de richesse. Là encore, le ministère s’explique : «Nous préconisons une démarche prudente et considérons la congélation à bord comme un fusible pour la régulation de la ressource. L’observation future du comportement de la biomasse nous permettra de décider ultérieurement de l’affectation de ce quota aux activités à terre ». Un clin d’œil, donc, aux industriels qui s’interrogent toujours au sujet du quota d’appoint de 120 000 tonnes qui leur a été alloué. «Nous ne savons pas encore quelle sera la forme d’accès à ce stock», s’interroge l’un d’eux. Ce sera donc le troisième point à discuter.
Le dernier point, enfin, est celui de l’accès des pêcheurs côtiers au stock C. Ces derniers n’ont pas hésité à manifester leur mécontentement en réaction à la première version qui limite leur activité dans cette zone. Or, comme le soulignent les responsables du ministère, cette interdiction n’est pas absolue. Elle ne concerne que la flotte qui n’est pas encore mise à niveau. «L’effort ne devra pas nécessairement porter sur la construction de nouveaux bateaux. Les armateurs peuvent s’atteler à la mise à niveau de leurs embarcations actuelles à travers l’introduction des contenants normalisés qui devront remplacer les caisses en bois, l’aménagement de cales réfrigérées et l’utilisation de la glace à bord», explique un responsable au ministère.
Un effort personnel qui est demandé aux armateurs en attendant la mise en place du fonds de modernisation de la pêche côtière, d’un montant de 200 MDH. Ce dernier devra être alimenté en partie par une ponction dans la contrepartie financière de l’accord de pêche avec l’Union européenne. Le montant de la dotation annuelle, rappelons-le, est de 40 millions d’euros (440 MDH) dont 14 millions destinés à la modernisation du secteur. Le premier chèque européen devra être remis en juillet 2006.