La demande de médicaments a reculé de 20% depuis le début de Ramadan

Les ventes de médicaments pour l’appareil digestif, habituellement très demandés pendant ce mois, sont en baisse de 10%. Les plantes médicinales sont utilisées comme produits de substitution.

La baisse des ventes de médicaments durant Ramadan est un phénomène connu des pharmaciens. Seulement pour cette année, signale la profession, la demande de médicaments traitant les problèmes digestifs, très demandés pendant le mois sacré (50% des ventes, devant les antalgiques), a reculé de 10% environ depuis le début du mois. Et pour cause, le recours de plus en plus fréquent aux infusions et autres recettes de médecine traditionnelle. «C’est une tendance très marquée cette année qui aggrave la baisse générale des ventes de médicaments. De plus, ces produits présentent un réel danger pour les utilisateurs qui se fient à des recettes conseillées par des herboristes de plus en plus médiatisés par les stations de radio locales et par certaines chaînes de télévision arabes. L’utilisation de certaines plantes et produits dont le dosage n’est pas maîtrisé et les effets secondaires non cernés peut entraîner des maladies ou aggraver les problèmes digestifs des patients», explique une source à la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens.
Ramadan est donc un mois difficile pour les pharmaciens. Sans compter que pour cette année, la conjoncture est plus difficile en raison des perturbations qu’a connues le secteur suite à l’entrée en vigueur le 9 juin de la baisse des prix des médicaments.

Les officines des petites villes et des quartiers populaires plus touchées

Si les pharmacies enregistrent habituellement une baisse du chiffre d’affaires de l’ordre de 10 à 15%, cette année la régression risque, selon les professionnels, d’être plus importante. Elle pourrait atteindre, selon les estimations des pharmaciens, 20%. Soit le même niveau qu’en 2008, année durant laquelle Ramadan avait coïncidé avec la rentrée scolaire.  
La baisse de régime touche, selon la fédération, toutes les villes du pays mais elle peut être plus prononcée dans les petites villes et les quartiers populaires. A Casablanca et Rabat, la possibilité accordée aux officines d’ouvrir après le f’tour permet quelque peu d’atténuer la baisse. Une opportunité dont ne profitent malheureusement pas les pharmacies situées dans les autres villes car elles ne sont pas encore autorisées à ouvrir le soir.
Autre phénomène propre au Ramadan : l’augmentation des achats à crédit. «Les ménages concentrent la plus grande partie des dépenses sur l’alimentaire et achètent à crédit leurs médicaments en cas de besoin», indique un pharmacien de Casablanca. Ce qui pourrait alourdir les créances des officines dont le montant peut parfois atteindre les 3 000 DH par client. Des factures que les pharmaciens n’arrivent toujours pas à recouvrer. Une donne qui risque d’aggraver la crise dont souffre le secteur. Selon la fédération, 45% des pharmacies sont actuellement en difficulté.