« La découverte réalisée en Mauritanie permet de rassurer les compagnies opérant au Maroc »

La Vie éco : Quelles sont les implications pour le Maroc de la dernière découverte de pétrole en Mauritanie ?
Amina Benkhadra : La découverte réalisée récemment en off-shore en Mauritanie est d’un intérêt certain pour l’exploration en off-shore marocain. Elle permet de rassurer les sociétés pétrolières qui y opèrent. Ceci est d’autant plus important que les experts sont convaincus de la similitude géologique des deux zones limitrophes. L’architecture des bassins sédimentaires ainsi que le type de formations géologiques de même âge, présentes de part et d’autre, sont des éléments identiques qui sont pris en considération et qui peuvent servir pour guider davantage l’exploration dans la partie marocaine. Le système pétrolier défini en off-shore mauritanien fonctionne et présente de ce fait un élément encourageant qui permet d’espérer aboutir à des résultats probants similaires au niveau des bassins marocains.
Les résultats enregistrés par nos voisins mauritaniens sont un atout supplémentaire pour l’off-shore atlantique marocain d’une manière générale et, plus particulièrement, pour les zones de l’off-shore atlantique sud.

L’intérêt exprimé par les compagnies internationales pour la prospection pétrolière au Maroc n’est pas encore assez significatif pour aboutir à des résultats. Pourquoi ?
Tout d’abord, il faut préciser que l’exploration pétrolière est un processus complexe, très coûteux, à risques et de longue haleine. Elle comprend plusieurs étapes avec, en premier lieu, les travaux de reconnaissance géologique, gravimétrique et magnétique, puis les campagnes de reconnaissance sismique 2D et les premières évaluations du potentiel pétrolier. Après quoi, interviennent les acquisitions de sismique 3D et les études spécifiques et de détail pour aboutir aux forages d’exploration. Ces derniers apportent des informations et des données complémentaires qui permettent de réduire les risques géologiques des zones considérées. Ces différentes opérations, selon la nature et la complexité géologique des bassins sédimentaires, peuvent prendre un temps assez long pour aboutir finalement à asseoir le véritable potentiel pétrolier d’un bassin ou d’une partie de bassin donné et à réaliser des découvertes commerciales d’hydrocarbures.
Au Maghreb, le Maroc fait figure d’exception. Quelle explication peut-on avancer ?
Il est à rappeler que l’exploration pétrolière au Maroc n’en est qu’à ses débuts et que les bassins demeurent encore sous explorés. En dépit du nombre réduit de puits forés dans les bassins marocains, des potentialités comparables à celles des bassins productifs similaires en Afrique et en Amérique ont été mises en évidence. Les chances de réaliser des découvertes commerciales d’hydrocarbures restent intactes. L’ONHYM, dans le cadre d’une action planifiée, poursuivra l’impulsion et la consolidation de la nouvelle dynamique d’exploration pétrolière, en attirant le maximum d’investisseurs internationaux et en intensifiant davantage les travaux de recherche dans notre pays.

Amina Benkhadra
Directeur général de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM)