La décoration d’une villa, complète l’architecture d’intérieur

Elle est certes subjective mais obéit également à  des codes. A travers elle, c’est à  la fois l’à¢me de la villa et l’esprit de ses propriétaires qui sont véhiculés.

Dorothée Ricard, Brigite Detrée et Antoine Vandorne œuvrent de concert au sein du cabinet d’architecture d’intérieur et de décoration DB. Ce dernier a été fondé à Marrakech en 2001. Depuis, il s’est lancé à l’international et possède une antenne à Montréal. Nous avons décidé de faire appel à ces trois experts afin de décorer notre «villa idéale»… qui, du coup, devient la leur.
 Ensemble, ils reconnaissent qu’avant de pénétrer dans la maison, il incombe de lui octroyer son cachet au niveau de la porte d’entrée. Elle sera donc haute et large, dotée d’un verre qui nous permet déjà de plonger à l’intérieur. Quant aux matériaux, il s’agira d’alliages de métaux. «En fait, c’est surtout le volume qui importe. Nous aimons jouer avec les hauteurs et les largeurs», avouent les décorateurs, avec lesquels nous nous retrouvons dans le hall d’accueil…le bien nommé, puisqu’«il doit essentiellement être accueillant, chaleureux et résumer l’esprit de la maison», note notre équipe.

Pour ce faire, les murs seront recouverts de boiseries commandées à un designer. Lesdits murs diffuseront une lumière indirecte en osmose avec la tonalité ébène du bois. Le sol sera quasi uniforme dans toute la villa. L’équipe de DB a opté pour du marbre mat ou alors un revêtement plus «tendance», en l’occurrence de la pierre d’Essaouira. Le cabinet aime concevoir divers tapis. Ici, on en trouve un en laine à motifs design. Autre réalisation exclusive : un grand lustre en nacre recouverte de feuilles d’or. «Sa lumière a l’avantage de procurer une touche dorée et chaleureuse, un effet chatoyant», indiquent les décorateurs. Sont disposés dans ce hall, un guéridon et un fauteuil, voire une console avec une lampe à poser. Parmi les éléments décoratifs privilégiés par nos trois professionnels, figurent les bouquins, lesquels sont disposés de manière disparate. Selon eux, «ça dénote une atmosphère de vie ou plutôt l’idée d’un style de vie». Quant à la fameuse lampe à poser, elle se distinguera grâce à son abat-jour muni de petits galons ou par le fait qu’elle soit une création du designer Sauzet. On notera aussi la présence d’un jeu de rideaux entre le hall d’accueil et le living-room. En l’occurrence un coton armuré bleu marine avec des applications de rubans en velours noir.

Importance de l’accrochage mural

Le sol du living-room est toujours dans la continuité (marbre mat ou pierre d’Essaouira). On évolue au sein d’un espace immense avec plusieurs salons distincts, tous baignés par la lumière extérieure. Ainsi, on trouve un salon bibliothèque avec un tapis à motifs design, des fauteuils club. Il va sans dire qu’ici aussi (et plus qu’ailleurs) des livres sont roi ! «C’est un coin intimiste destiné à la famille», précise le staff de DB. Dans le salon européen, on note toujours la présence d’un tapis design conçu par le cabinet. De grands canapés se font face et se partagent l’espace avec d’immenses tables basses, sur lesquelles trôneront plusieurs objets décoratifs. «Là, on jouera sur les hauteurs par le biais de vases, de bouquets de fleurs, de bougies, de livres…», expliquent les trois associés qui ont également introduit des rideaux en voile de lin blanc cassé, avec un bourdon de finition pour éviter les ourlets. L’ensemble est épuré. Par le biais de poufs ou de belles antiquités (voire les deux), on provoque un jeu d’assises. L’éclairage est diffusé par des lampes sur pieds et via les corniches pour éclairer aussi les rideaux.

La salle à manger est aussi un espace réservé à la cellule familiale restreinte mais également aux invités. Un tapis à motifs design est toujours là. Les décorateurs préfèrent les tables rondes qu’ils jugent davantage «conviviales». Au-dessus, pend un lustre assez bas. Les chaises sont habillées de velours de coton coloré. La pièce fait honneur à l’accrochage mural constitué d’un mixte tableaux-photographies. Les murs reçoivent de très beaux papiers peints dont la texture fait songer à de la soie. Les rideaux sont en sergé de coton gris perle avec une ganse dont le coloris fait écho aux chaises. Sur différents buffets sont disposées des poteries artisanales «afin de jouer sur les hauteurs», précisent nos trois décorateurs.

La partie Nuit aime le bois

Quant à la cuisine, elle demeure un espace technique et professionnel. Puis on accède à la partie Nuit, laquelle se situe à l’étage. On y monte via un escalier doté d’une rampe en ferronnerie d’art. Son chemin est habillé de bordures. Cet escalier est en bois massif. Il en va de même pour le revêtement du sol (parquet en bois massif sombre, couleur ébène). En grimpant les marches, on apprécie le travail d’accrochage qui met en exergue les souvenirs familiaux par le biais de photographies encadrées.
Nous voici dans la suite parentale. Le parquet est recouvert d’un tapis en cisal gansé, lui-même recouvert d’un autre tapis, bien sûr plus petit, en laine unie. Beaucoup d’importance est accordée à la lumière. Deux liseuses amovibles, des lampes de chevet, des appliques à tableaux procurent l’ambiance idoine. Comme il s’agit d’un espace privé, l’accrochage est forcément subjectif. On note la présence de rideaux black-out, sauf s’il y a des volets. Le cas échéant, les rideaux sont en ottoman de coton.

Un espace dédié aux divertissements

L’éclairage est tout aussi crucial au sein de la salle de bains. Il se diffuse via des spots et des appliques. Ici, des miroirs recouvrent intégralement les surfaces murales. Cette salle de bains donnera sur un patio végétalisé : vue et atmosphère splendides ! Les chambres d’enfants se veulent intemporelles. Donc, pas de customisation. En revanche, nos trois décorateurs optent volontiers pour des textiles colorés, des revêtements muraux peints, beaucoup d’accrochage, sans oublier l’incontournable tapis ni l’étagère-bibliothèque avec bureau intégré.

Selon l’équipe de DB, dans la «villa idéale», les différentes sortes de divertissements, voire le matériel informatique et high-tech sont dans un espace à part. Ce dernier peut-être une salle de jeux, mitoyenne d’une salle de cinéma privée. Il en va de même pour l’espace bureau-travail des parents, lequel jouxte la suite parentale. On y trouve une grande table de travail, beaucoup de rangements et deux petits fauteuils. Ces deux espaces sont voulus, dans le but de séparer deux univers. L’un esthétisant et l’autre davantage fonctionnel. En somme, deux qualificatifs appropriés à la conception (et donc à la décoration) de la «villa idéale» n