La contribution du tourisme à  l’économie est en baisse depuis 3 ans

La part du secteur dans le PIB a régressé de 0.4 point entre 2010 et 2012. Le repli est imputé à  la conjoncture difficile dans les pays émetteurs. Les professionnels mettent à  l’index les réductions des prix de l’hébergement.

Le Haut commissariat au plan vient de publier une note succincte sur les comptes du tourisme pour 2012. Les statistiques sont intéressantes en ce sens qu’elles ne portent pas de jugement de valeur sur les performances touristiques nationales, le HCP se contentant de dépouiller les comptes et de dresser le tableau de contribution de ce secteur à l’économie nationale. Il s’avère ainsi pour l’année 2012 que la contribution de ce secteur au PIB est de 6,9% contre 7,1% en 2011 et 7,3% en 2010. Ce PIB du tourisme s’est ainsi établi à 57 milliards de dirhams en 2012, en légère augmentation par rapport à 2011. Il s’agit donc d’«une persistance de la baisse de la contribution de ce secteur au PIB», un ralentissement qui s’explique selon le HCP principalement par la conjoncture mondiale difficile qui touche particulièrement les marchés traditionnels émetteurs de touristes à destination du Maroc.

En fait, au-delà des performances au niveau des arrivées et des nuitées touristiques qui sont mises en avant par le ministère du tourisme et qui témoignent, selon lui, d’une résistance de la destination Maroc à la crise internationale, le ralentissement de la contribution du secteur au PIB est due, selon de nombreux professionnels, à une pression sur les prix, notamment chez les hôteliers acculés à vendre moins cher pour faire face à cette crise. Tout en cédant à cette pratique, les hôteliers mais aussi d’autres prestataires craignent que la destination ne devienne bon marché, tant il apparaît difficile de revenir aux prix d’avant la crise.

Ainsi, la consommation intérieure du secteur du tourisme, tout en progressant globalement depuis 2010, a connu un ralentissement. Elle est passée en effet de 89,7 milliards de dirhams en 2010 à 94,8 milliards en 2011, soit une augmentation de 5,7% d’une année à l’autre, avant de s’établir à 97,7 milliards en 2012, soit une hausse de seulement 3% par rapport à 2011. Ce ralentissement touche de manière significative le tourisme récepteur, c’est-à-dire celui des non-résidents (y compris les MRE) dont la consommation a connu en 2012 une évolution de 1,1% par rapport à 2011, soit 69,5 milliards de dirhams au lieu de 68,7 milliards, sachant qu’elle avait évolué de 4,5% une année auparavant par rapport à l’année qui a précédé.

Le poids du tourisme intérieur et émetteur s’est bonifié

Toujours selon le HCP, la consommation intérieure du tourisme interne et émetteur a enregistré en 2012 une hausse de 7,9%, s’établissant à 28,1 milliards de dirhams contre 26 milliards en 2011 au terme de laquelle une croissance de 9,2% avait été enregistrée par rapport à 2010. Cette consommation intérieure est définie comme la somme des dépenses effectuées par les nationaux au Maroc en dehors de leur résidence habituelle à l’occasion de leurs déplacements à l’intérieur du pays ou à l’étranger. Pour ce denier cas, c’est-à-dire pour le tourisme émetteur, le HCP prend en compte les dépenses comme les achats de billets de transport ou d’autres achats effectués dans la perspective du voyage. Ceci pour dire que la dotation touristique n’est pas prise en compte dans la mesure où il s’agit d’une dépense qui sera effectuée à l’étranger et qui est comptabilisé par ailleurs comme une sortie de devises sur un autre compte.

Dans cette configuration, la note fait ressortir que la part du tourisme intérieur a perdu 1,3 point, passant de 72,5% en 2011 à 71,2% en 2012 au profit du tourisme interne et émetteur dont la part, durant la même période, monte de 27,5% à 28,8%.

La valeur ajoutée du secteur a également fondu, note le HCP, que ce soit par rapport à la valeur ajoutée totale de l’économie ou par rapport au PIB lui-même. Ainsi, pour le premier cas de figure, sa part est passée de 6,7% en 2010 à 6,3% en 2011 et 6,1% en 2012. Pour le 2e cas, elle n’est plus que de 5,6% en 2012, au lieu de 5,8% en 2011 et 6,1% en 2010. Corrélativement, le PIB du secteur dans le PIB s’est érodé de 0,4 et 0,2 point, respectivement par rapport à 2010 et 2011.