La Comanav inaugure deux nouvelles lignes

A compter de cet été, elle desservira Port-Vendres (France) et Naples, respectivement à partir de Tanger et Nador.
En 2004, elle compte dépasser le million de passagers transportés, pour un chiffre d’affaires de 1,04 milliard de DH.

Nullement affectée par les réserves de son nouveau commissaire aux comptes, Deloitte & Touche, sur les méthodes de comptabilisation de certaines charges opérationnelles et financières, notamment celles relatives aux réparations récurrentes de ses navires, et qui ont légèrement édulcoré l’ampleur de son redressement (en 2003, le résultat net définitif du groupe – Limadet compris – s’établit à 38,9 MDH), la Comanav entame la saison estivale avec de grandes ambitions. En effet, la compagnie maritime, en passe de réussir sa remise à flot après avoir entrevu le pire il y a deux ans à peine, s’apprête à lancer incessamment, pour son pôle de transport de passagers, deux nouvelles lignes : Tanger- Port-Vendres et Nador-Naples.
Rappelons d’abord que l’activité passage de la compagnie a été un point nodal du plan de redressement élaboré dans le cadre du contrat programme signé avec l’Etat, au début de 2002, puisqu’elle recelait dès le départ un potentiel de développement considérable. Une stratégie qui s’est avérée assez payante puisqu’en 2003, les recettes du transport de passagers ont dépassé pour la première fois le niveau du chiffre d’affaires du fret, qui a totalisé 450 MDH en 2003. Aujourd’hui, en intégrant les performances de la Limadet, acquise en 2003 dans la foulée d’une recapitalisation de 295 MDH, la Comanav revendique près du tiers du marché marocain du transport maritime des passagers. En 2003, le groupe a transporté 933 830 personnes et 220 300 véhicules, pour un chiffre d’affaires de 847 MDH.

Le bénéfice net du groupe devrait atteindre
83,7 MDH en 2004
Une position qu’elle compte consolider dès cette saison. Ainsi, la première ligne Tanger – Port-Vendres sera ouverte dans les semaines qui viennent et sera assurée dans un premier temps par le car-ferry «Beni Ansar», qui opérait jusqu’à présent entre Tanger et Algésiras. Elle devra ainsi étoffer l’offre de la compagnie sur la France après que la Comarit, un sérieux concurrent, aux grandes ambitions, se soit à son tour lancée en 2003 sur la ligne fort rentable Tanger-Algésiras avec l’imposant car-ferry «Le Biladi». Quant à la deuxième ligne Nador-Naples, elle sera ouverte pendant la haute saison (à la mi-juillet) et aura pour clientèle potentielle les RME du sud de l’Italie. Elle visera aussi à maintenir une forte position sur le marché italien très prometteur, dont la première conquête à travers le lancement, dès l’été 2002, de la ligne Tanger-Gênes a été des plus concluantes, notamment en termes de taux de remplissage. Là encore, la Comanav, qui s’attend à se voir emboîter le pas sur cette ligne dès cette saison par la Comarit, essaie de garder une longueur d’avance sur ses concurrents. Elle devra affréter pour cette ligne le car-ferry «Tadla», qui opérait auparavant sur la ligne Tanger-Gênes, et qui dispose d’une capacité de 500 passagers et 210 voitures. L’exploitation pendant toute l’année à partir de début 2005 est d’ores et déjà envisagée dans le cas où les résultats réalisés pour ce premier test s’avèreraient satisfaisants.
La Comanav, qui compte depuis un an parmi ses principaux actionnaires le groupe BMCE Bank et la CDG, semble bien partie pour réussir une privatisation par introduction en Bourse, prévue en 2005. Mais avant cela, il lui faudra d’abord accélérer dès 2004 la cadence de son dégagement de bénéfices et de cash-flows afin d’éponger, d’une part, l’abyssal report à nouveau négatif qu’elle traîne toujours à son passif et d’améliorer, d’autre part, la création de valeur pour ses actionnaires.
Déjà, pour l’exercice en cours, les responsables de la compagnie tablent sur un peu plus d’un million de passagers et 265 000 voitures. Le chiffre d’affaires devrait par conséquent s’établir à 1,04 milliard de DH, soit une progression de 22,8 % par rapport à l’année précédente. En définitive, le résultat net du groupe atteindrait 83,7 MDH, dont 60,2 millions pour la Comanav et 23,5 millions pour Limadet

La Comanav, qui a transporté, en 2003, plus de 900 000 passagers, revendique près du tiers de ce marché.