La CNSS pourra encore gérer ses 13 polycliniques jusqu’en décembre 2014

Le cabinet BearingPoint Maroc sélectionné pour une étude stratégique devant servir de base à  la restructuration. Les polycliniques ont soigné 600 000 patients, effectué 21 000 opérations et assuré 50000 séances de dialyse en 2013.

C’est BearingPoint Maroc, antenne de BearingPoint, société européenne de conseil, qui a été sélectionné pour la réalisation de l’étude stratégique des 13 polycliniques de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), qui avait lancé un appel d’offres dans ce sens en août 2013. Ce cabinet dispose d’une longue expérience dans le secteur de la santé puisqu’il a souvent eu à accompagner, en France et ailleurs, ses clients (les ministères, collectivités locales, hôpitaux et organismes sociaux) dans la transformation de leur organisation et la mise en œuvre de leurs projets stratégiques. Il a 5 mois pour mener cette étude dont les recommandations serviront de base pour une restructuration visant, entre autres, l’amélioration de la qualité des soins et la consolidation de la place des polycliniques dans le secteur de la santé.

C’est une nouvelle étape dans le dossier des polycliniques dont la gestion ne doit plus être du ressort de la CNSS, en vertu de l’article 44 de la loi 65-00 sur l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Cette loi, promulguée en 2005, avait prévu un délai de trois ans pour que la caisse puisse trouver un repreneur. Jusque-là, rien. Entre-temps, ce délai a été repoussé deux fois. Le groupe espagnol «USP» Hospitales, retenu après un appel d’offres international lancé en 2007 et seul opérateur avec lequel des discussions sérieuses avaient été entamées, avait jeté l’éponge en raison d’un désaccord sur les conditions financières.

La gestion déléguée de moins en moins probable

A nouveau, la CNSS a jusqu’en décembre 2014 pour trouver une solution. Si depuis 2005 la gestion déléguée était la solution adéquate pour se conformer à la loi, il semble que cette piste pourrait être écartée. Et ceci pour trois raisons : la crise -elle n’en finit pas de mettre à mal l’économie européenne et rend quasiment impossible l’intérêt d’un investissement dans le secteur de la santé-, la difficulté d’avoir les garanties nécessaires pour sauvegarder les acquis sociaux et la résistance du milieu syndical pour qui la gestion des polycliniques doit rester au niveau de la CNSS.

A défaut de la gestion déléguée, deux autres scénarios pourraient être envisagés : la création d’une entité autonome de la CNSS ou alors s’inspirer du modèle tunisien et laisser la gestion à la caisse. En attendant, on retiendra qu’en 2013 les 13 polycliniques ont soigné 600 000 patients, effectué 21 000 opérations et assuré 50 000 séances de dialyse. Les accouchements enregistrés en 2013 sont au nombre de 10 000. Le chiffre d’affaires global s’est élevé à 394 MDH.