La campagne sauvée par les pluies de mars

La récolte attendue avoisinera les 65 millions de quintaux.

A près d’un mois du début des moissons, les dernières pluies ont définitivement sauvé la campagne, même si leur impact est variable selon les régions, les dates de semis et le précédent cultural. En attendant les prévisions de rendement des céréales d’automne du ministère de l’Agriculture, on peut d’ores et déjà avancer, sans grand risque de se tromper, que l’on s’achemine vers une campagne moyenne et une production nationale variant entre 60 et 65 millions de quintaux. C’est bien en-dessous des attentes du début de saison. En effet, la campagne actuelle avait bien démarré, mais les pluies s’étaient faites rares pendant les mois de janvier et février.
Ainsi, le cumul pluviométrique moyen national a baissé de 15 % par rapport à la dernière campagne à 344 mm, un volume à peine supérieur à la moyenne des 30 dernières années, soit 300 mm. Par ailleurs, les précipitations n’ont pas été bien réparties durant tous les stades où les cultures en avaient besoin et le retard de décembre à février va forcément laisser des séquelles. Plusieurs régions (Souss, Haouz, Oriental, …) connaissent toujours un déficit hydrique significatif.

Bons rendements attendus pour les légumineuses

Sur les 5,3 millions d’hectares emblavés, 41 %, soit plus de 2 millions d’ha, ont été semés avant fin novembre et sont considérés comme précoces. On peut estimer que ces champs, qui ont bénéficié de conditions clémentes et sont actuellement au stade du remplissage du grain, sont assurés d’un bon rendement.
Par contre, les semis tardifs, effectués après les précipitations abondantes de mi-décembre, et dont le stade dominant actuellement est l’épiaison, n’ont pas été suivis de pluie et ont supporté de façon variable cette période difficile de deux mois. Dans les régions où les semis tardifs ont bien résisté, soit sur 43 % de la superficie totale, les dernières précipitations ont permis d’effectuer le désherbage et l’apport d’engrais de couverture qui n’avaient pas été réalisés auparavant. Leur état végétatif est considéré comme moyen.
Dans le Haouz et l’Oriental, où sont localisées les superficies les plus touchées, estimées par le ministère de l’Agriculture à 16 % de la superficie totale en céréales (800 000 ha), on peut s’attendre à une légère amélioration et au passage de l’état médiocre vers le moyen, du moins en partie.
Concernant les légumineuses alimentaires d’automne, cette campagne connaît une légère hausse (8 %) par rapport à la précédente, avec une superficie de 287 000 ha. Les fèves prédominent avec (53 %), suivies par les lentilles (25 %) puis les petits pois
(22 %). Le stade moyen actuel varie entre début de maturité pour les fèves précoces et floraison-formation des gousses pour le reste. L’état végétatif de ces cultures est globalement satisfaisant