La BERD a investi environ 4 milliards de DH dans 17 projets au Maroc

Le financement des infrastructures, la stimulation de l’entreprenariat, l’appui à  la décentralisation et à  la régionalisation et la promotion des outils de financement et du marché des capitaux sont les quatre axes de la stratégie. La banque veut coordonner avec les autres organismes de financement pour que les investissements soient complémentaires.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) vient de dresser les contours de sa stratégie pour le Maroc. La feuille de route qui sera approuvée en février est désormais disponible sur le portail de la banque. L’établissement y détaille l’esprit qui sous-tend son action, son approche de l’investissement et le périmètre de ses différentes opérations à venir. Il s’agit en gros d’une stratégie articulée autour de quatre axes, en l’occurrence le financement des infrastructures, la stimulation de l’entreprenariat, l’appui à la décentralisation et à la régionalisation et la promotion des outils de financement et du marché des capitaux. «L’approche de notre banque répond à deux enjeux, notamment la complémentarité et la coordination avec les actions déjà menées par les autres organismes tels que la Banque mondiale, la BAD, la BID, le KFW et les différents organismes de financement nationaux», affirme Laurent Chabrier, directeur de la BERD au Maroc, expliquant l’esprit de l’intervention au Maroc. Selon lui, la banque suivra un plan d’action transversal au lieu de stratégies sectorielles prédéfinies. «Notre démarche diffère des autres institutions de financement qui approuvent des volumes d’engagements a priori sur une période donnée et s’attelle à les atteindre. Pour notre part, nous nous intéressons à l’éligibilité des projets et à leur capacité à créer de l’autofinancement», nuance M. Chabrier.

Elle a obtenu un agrément pour le financement en dirhams

Il faut dire que le Maroc est actionnaire de la BERD depuis 1991. Mais ce n’est qu’en 2011 que le Royaume a demandé à être un pays d’opération, c’est-à-dire un pays où la banque peut intervenir. Depuis 2012, la banque a commencé ses opérations de financement. Aujourd’hui, elle a investi au Maroc 380 millions d’euros dans 17 projets. La moitié de ce portefeuille est allé au secteur privé. Par secteur, à fin juin 2014, l’énergie représente 28% de l’enveloppe, les institutions financières se placent en deuxième position avec 27%, les infrastructures viennent en troisième lieu avec 26% de l’enveloppe investie, tandis que l’industrie, commerce et agroalimentaire terminent la liste avec 17%.  
La BERD a également accordé 130 millions d’euros de lignes de Trade Finance pour les banques marocaines pour faciliter le commerce extérieur. Elle a aussi fourni une assistance technique à plus de 135 petites et moyennes entreprises marocaines.
Notons que la BERD a réussi à avoir l’agrément pour être la première banque non domestique à pouvoir financer en dirhams.