La Banque Populaire se met aux kiosques multiservices

Un premier point de service est installé dans la province de Boulemane. Un conseiller, deux guichets automatiques et une borne interactive nichés dans un kiosque permettent aux clients d’accéder aux services les plus courants.

Alors qu’elle revendique déjà le premier réseau commercial au niveau national avec 1 045 agences à fin 2011, la Banque Populaire lance un nouveau concept de points de services pour accroître sa couverture : les kiosques multiservices. Baptisés auto-bank, ces points de services sont des «cases» aménagées en espace bancaire au format et au fonctionnement allégés. Le groupe vient d’en installer une au niveau de la province de Boulemane dans la localité rurale de Guigou.

L’auto-bank regroupe une borne interactive qui permet au client de gérer ses liquidités au quotidien et d’effectuer un ensemble de transactions bancaires courantes. A cela s’ajoutent des guichets automatiques bancaires qui, en plus des services offerts au niveau des guichets classiques (opérations de retrait, consultation de solde, édition de mini-relevés, paiement de factures…), proposent un service de dépôt d’argent, de change de devises et de remises de chèques à l’encaissement.

Ces moyens techniques font de l’auto-bank un service accessible 24h/24 et 7j/7. Et pour offrir l’indispensable contact humain à la clientèle, un conseiller est présent ponctuellement sur les lieux. Celui-ci procède également aux ouvertures de comptes et prend en charge les demandes de financement. Enfin, pour veiller à la sécurité du point de service, un agent de sécurité est présent de manière permanente.

«Le concept d’espace auto-bank a été mis en place pour rapprocher le service bancaire des populations rurales et périurbaines», explique Laïdi El Wardi, directeur général de la banque de détail & des Marocains du monde au sein de la Banque Populaire. Connaissant la gêne que peut ressentir cette cible vis-à-vis des agences classiques, un espace banalisé tel qu’un kiosque est effectivement plus efficace pour attirer la clientèle. Et pour se fondre au mieux dans le paysage, le groupe a été attentif à désigner un conseiller maîtrisant la culture de la région, ainsi que l’assure M. El Wardi. De même, les horaires d’ouverture s’alignent sur les habitudes de la population locale.

Une deuxième expérience pilote est prévue dans la région de Rabat

De manière directe, ce type d’implantation offre l’avantage d’une extension de réseau à un coût nettement moins important par rapport à une agence classique, laquelle peut coûter plus de 2 MDH, hors coût du local, selon les spécialistes.

Mais au-delà de ce simple aspect, cette expérience revêt un intérêt stratégique pour la Banque Populaire et traduit une démarche offensive sur le segment des populations à revenu modeste (Low Income Banking-LIB) investi par le groupe depuis près de 4 ans.

En effet, ce modèle de points de service est naturellement appelé à être dupliqué dans d’autres localités urbaines et péri-urbaines et/ou géographiquement éloignées. D’ores et déjà, une deuxième expérience pilote est prévue dans la région de Rabat. Et cela constituera pour la banque autant de points de contacts privilégiés pour toucher une population à revenu modeste et écouler les produits de son catalogue LIB articulé notamment autour de packages compte et moyens de paiement, de formules d’épargne programmées et de crédits immobiliers.

Outre le canal en phase de test de l’auto-bank, la Banque Populaire exploite plusieurs autres voies pour recruter de la clientèle LIB. Elle propose une offre pour la bancarisation des salariés et artisans à faibles revenus affiliés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Elle cible également les bénéficiaires de microcrédits en s’appuyant sur les bases de données de sa fondation. Le groupe déploie enfin des banques mobiles au niveau des souks hebdomadaires. Grâce à ces multiples canaux,  il approche à fin septembre 2012 un portefeuille de 900 000 clients à faibles revenus, en croissance de plus de 60% sur une année.
Et l’on se doute bien que ces niveaux de croissance ne sont pas sans appâter les deux autres banques très intéressées par le créneau, à savoir Attijariwafa bank et BMCE Bank. Il faut bien savoir que celles-ci, tout comme la Banque Populaire, ayant franchi un seuil où la croissance de leur portefeuille de clients bancarisables est moins forte, se trouvent contraintes de se tourner vers d’autres sources de dépôts, en ces temps de liquidité tendue.