La balance commerciale qui menace dangereusement nos comptes extérieurs

La balance des paiements est structurellement déficitaire depuis 4 ans.

C’est probablement l’une des difficultés qui mérite un traitement urgent : la dégradation des comptes extérieurs. Malgré une croissance relativement forte des exportations, notamment depuis 2007 (à l’exception de la baisse de 27,4% enregistrée en 2009), celles-ci sont loin de couvrir les importations qui croissent, elles, à un rythme encore plus élevé (à l’exception, là aussi, de la baisse de 19% de 2009). Résultat : le solde commercial à fin octobre 2011 est négatif de 152 milliards de DH, soit le même niveau que celui enregistré sur l’ensemble de l’année 2010.

En y intégrant les services, le solde des échanges retombe à -90 milliards de DH, ce qui signifie que tous les excédents réalisés dans la balance des services sont engloutis par ceux des marchandises.

Ainsi, le taux de couverture des biens importés par les biens exportés perd 1,5 point entre octobre 2010 et octobre 2011 (48,3% au lieu de 49,8%), et celui des échanges globaux (biens et services) se dégrade de 3 points à 72,5% contre 75,4% un an auparavant. De cela, il résulte un déficit du compte courant qui, depuis 2007, est allé en s’accentuant (voir graphe). Pour le premier semestre de cette année, période pour laquelle les chiffres sont disponibles, le déficit du compte courant s’élève à 36,1 milliards de DH, en aggravation de 53,4% par rapport à la même période de 2010. Et ceci malgré une reprise des transferts des MRE (+8,9% à 49,1 milliards de DH à fin octobre) et des recettes de voyages (+5,4% à 50 milliards de DH).

En pareille situation -surtout lorsque, comme c’est le cas, les investissements étrangers sont en baisse-, il n’y a pas d’autres solutions pour continuer à maintenir la machine économique que celle de «pomper» dans les avoirs extérieurs.

Ceux-ci ont d’ailleurs baissé, sur la période indiquée, de 17,45 milliards de DH (-9,1%) à 175,34 milliards ; ce qui représente un peu plus de 5 mois d’importation, contre 7,3 mois en 2007 par exemple. Comment y remédier ?

Il n’y a pas trente-six solutions pour redresser les comptes extérieurs : sauf à bloquer l’activité ou à s’asseoir sur les accords de libre-échange signés (en mettant des barrières douanières), le seul chemin pour y parvenir, c’est de rendre les exportations, c’est-à-dire les entreprises en fin de compte, plus compétitives qu’elles ne le sont aujourd’hui. Il faut également que l’éventail des produits exportables s’élargissent.

Certes, il y a bien les secteurs du plan Emergence, mais ils porteront leurs fruits à moyen terme, alors que la pression sur nos avoirs en devises est énorme. Le PJD?dit avoir sa petite idée sur la question, même s’il admet volontiers que ce sera insuffisant : taxer fortement les produits non-indispensables afin de limiter leur importation. Ce sera toujours ça de gagné, mais ce sera juste une goutte d’eau dans l’océan…