Khalid Ayouch : «La Bourse de Casa a connu une correction plutôt saine»

Il explique le rôle de sa société dans l’accompagnement du marché financier.
Pour lui, la place casablancaise dispose d’une bonne infrastructure financière et d’un système de cotation aux standards internationaux.

Finaccess-Fininfo Mena est devenue récemment Finaccess-Six Telekurs Mena. Qu’y a-t-il derrière ce changement de dénomination ?
Ce changement de dénomination intervient après le rachat du groupe Fininfo, ancien partenaire de Finacess, par l’opérateur mondial Six Telekurs, spécialisé dans les domaines de l’acquisition, du traitement et de la diffusion d’informations financières internationales. Il collecte des informations boursières à la source et en temps réel auprès de 220 Bourses internationales, dont toutes les grandes places financières mondiales. La base de données qu’il gère contient plus de 5 millions d’instruments financiers, et est unique en son genre en termes de profondeur, de qualité et de couverture. Avec des bureaux implantés dans 23 pays, cet opérateur combine les avantages d’une présence mondiale et d’un savoir-faire local.

A part la diffusion d’informations financières, quels sont les différents métiers de Finaccess ?

Finaccess est un opérateur marocain présent dans les domaines de la gestion des bases de données d’informations et de l’offshoring. Dans le premier, nous opérons au travers de deux entités : Six Telekurs Mena qui est spécialisée dans l’information financière sur les marchés de capitaux, les solutions de Bourse en ligne et les outils de gestion de portefeuille pour les opérateurs de marchés financiers. Le second domaine est traité par Inforisk et a trait au renseignement commercial et à la gestion d’informations sur les entreprises.

Vous avez pour clients des sociétés de Bourse et des institutionnels. Peut-on imaginer que des entreprises ou des groupes qui gèrent d’importants flux d’argent recourent à vos services ? Que leur offririez-vous comme prestations ?
Nos prestations tournent autour des structures amenées à gérer des actifs financiers sur les marchés de capitaux ou à se prémunir contre les risques de marché. Cette cible couvre essentiellement des institutions comme des banques, des sociétés de Bourse et de gestion d’actifs, des compagnies d’assurances, des caisses de retraite, des trésoreries de grands groupes ou des dépositaires et Back Office titres … Cela dit, nous accompagnerons bien entendu les opérateurs dans les réformes de place, que ce soit au travers de la mise en place de nouveaux instruments (type marché à terme, trackers, etc.) ou dans le cadre de leurs interventions sur les marchés financiers internationaux, compte tenu de l’ouverture progressive à cette nouvelle catégorie d’actifs, telle que prévue dans les dernières circulaires du CDVM.

Vous avez, de par votre métier, un regard assez complet sur le marché financier marocain et ceux de la région. Que pouvez-vous nous dire sur son évolution par rapport aux autres places comparables ?
 Au Maroc, nous travaillons maintenant depuis près de 10 années avec l’ensemble des opérateurs que nous accompagnons dans leur besoin d’équipements et réformes de place.
Le marché financier marocain a connu un développement remarquable ces dernières années, que ce soit en termes d’évolution de la réglementation, de la qualité des acteurs ainsi que dans les mécanismes de recours au marché, notamment au travers des différentes introductions en Bourse de groupes privés que nous avons connus les deux dernières années.
Comparativement à la région Mena, le marché financier marocain dispose d’une bonne infrastructure financière qui peut et doit clairement jouer un rôle régional. Je pense d’ailleurs que cette vision s’inscrit dans la stratégie du gouvernement qui veut faire de Casablanca un hub financier régional aux standards internationaux.

Qu’est-ce qui explique la morosité du marché boursier à l’heure actuelle. Un problème conjoncturel de confiance ou des raisons structurelles ?
Le Bourse de Casablanca a connu ces deux dernières années des niveaux de croissance particulièrement élevés, liés certes à une bonne tenue de notre économie, mais conduisant tout de même à des niveaux de valorisation beaucoup trop élevés par rapport à des comparables identiques sur d’autres marchés. Or, les conditions de crise mondiale actuelle vont, indubitablement, avoir un impact sur notre économie. La Bourse a donc connu ces derniers mois une correction plutôt saine qui permet de ramener le marché à des niveaux de valorisation plus réalistes et plus en phase avec le contexte réel des économies.

En 2008, le changement de la plateforme de cotation de la Bourse de Casablanca a souffert de plusieurs dysfonctionnements. Peut-on dire aujourd’hui que nous avons un système fiable ?

Il n’y a pas eu de réel dysfonctionnement. La Bourse de Casablanca s’équipe auprès d’opérateurs internationaux qui lui permettent de disposer d’un niveau de service identique à ce qui se fait de mieux au niveau des Bourses internationales.
Le système actuel repose, à titre d’information, sur le même principe que celui utilisé par Nyse Euronext. Maintenant, le niveau de développement de notre marché fait que nous n’utilisons pas toujours les mêmes versions que celles d’autres marchés, et le changement d’une plate-forme nécessite toujours des ajustements et spécificités qu’il faut clairement tester de bout en bout avant toute mise en production effective.

Les sites de Bourse en ligne se multiplient actuellement. En quoi ces instruments peuvent-ils être utiles pour le marché et qu’est-ce qui sera mis en place prochainement ?

Ce type de plateformes vient renforcer la liquidité du marché et l’accès à l’information financière au plus grand nombre, élargissant ainsi les intervenants sur les marchés et, je l’espère, la mise en place à terme d’une épargne plus populaire. Cela dit, si les outils technologiques existent, il reste à définir le cadre règlementaire permettant de mieux canaliser cette épargne.