Irrigation : 2,2 années de réserves grà¢ce à  la pluviométrie exceptionnelle

Plus de 5 milliards de m3 d’eau iront à  l’irrigation en 2009.
Avec plus de 11 milliards de m3 en réserves, toutes les régions seront servies, sauf les 14 000 ha du barrage Issen.
L’eau d’irrigation coûte à  l’Etat
900 MDH et ne rapporte que 500 millions.

Le Maroc n’a pas connu une année aussi faste en matière d’eau depuis 1996. Au 16 mars, les réserves des barrages à usage agricole s’élevaient à près de  près de 11 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 84% contre à peine 50% à la même période de l’année dernière.
En septembre 2008, ce taux de remplissage n’était que de 36,6%, c’est-à-dire à peine un peu plus de 5 milliards de m3 sur une capacité totale, eau potable comprise, de l’ordre de 15 milliards de m3.
L’année en cours est donc tout à fait exceptionnelle. En effet, hors période de sécheresse, le Maroc dispose bon an mal an de 6 à 7 milliards de m3 de réserves. Mais le dispositif de gestion de l’eau, sur la base de ce qui se fait partout dans le monde, prévoit de stocker, pour des raisons de sécurité, l’équivalent de deux années de consommation, aussi bien pour l’eau potable que pour l’eau d’irrigation. Ce qui fait que, depuis douze ans, le Maroc n’a jamais pu mobiliser plus de
2 milliards de m3 par an (1,7 à 1,8 milliard en moyenne). Or en 2009, ce sont un peu plus de 5 milliards de m3 qui pourront être distribués, au niveau des différents bassins. La seule ombre au tableau est le barrage Issen où, jusqu’à aujourd’hui, il n’est pas prévu de lâchers, les réserves sécuritaires n’étant que d’une année. La zone concernée (dans le Souss) abrite quelque 14 000 ha où l’on produit des agrumes, des légumes, des olives, des céréales, outre quelques cultures traditionnelles.
Partout ailleurs, il y aura de l’eau en abondance. M’hamed Belghiti, chef de la division des études du génie rural relevant du ministère de l’agriculture, et Ehssan El Meknassi Youssoufi, chef de service des études générales, soulignent que si les quantités définitives n’ont pas encore été arrêtées, il est clair que le Maroc est dans une situation très avantageuse.

Toutes les régions du pays disposent d’au moins une année d’irrigation
En effet, il faut aussi compter avec le manteau neigeux du pays dont une partie viendra s’ajouter aux réserves des barrages mais également les quantités d’eau qui ont alimenté la nappe phréatique. Hors réserves de sécurité, toutes les régions du pays, grâce aux quantités accumulées, disposent d’au moins une année d’irrigation.
Ce qui permettra de fournir des quantités suffisantes aux zones irriguées aussi bien en 2009 qu’en 2010 (voir tableau). D’ailleurs, le département de l’agriculture a conçu un programme d’encouragement pour les cultures d’été pour mettre à profit la manne disponible. Ceci étant, le Maroc reste un pays où la question de l’eau et de son optimisation se pose avec acuité. En effet, sur les cinquante dernières années, le pays a perdu 30% en matière de pluviométrie.
M. Belghiti explique que cela se traduit par une perte de 50% des réserves car un territoire où il pleut moins va connaître une diminution de ruissellement, ce qui fera que moins d’eau arrivera dans les barrages. Et puis, l’autre versant de la problématique est le prix de l’eau. Sur la base d’une moyenne de 2,3 milliards de m3, le coût global (équipement et divers autres charges) de l’eau est estimé à 900 MDH alors que les recettes de sa vente ne sont que de l’ordre de 500 millions.