Irrigation : 150 millions de dollars pour améliorer l’accès à  l’eau

Doukkala, El Haouz, Tadla et El Gharb sont les régions concernées.
. 9 300 agriculteurs vont bénéficier du projet. Les revenus devraient tripler d’après les estimations de la Banque mondiale.

Améliorer l’utilisation des ressources en eau dans l’agriculture marocaine. Tel est l’objectif du projet de modernisation de l’irrigation approuvé par le Conseil des administrateurs de la Banque mondiale. Un projet de 150 millions de dollars qui financera la modernisation des réseaux d’irrigation et renforcera les capacités des prestataires de services pour optimiser la gestion d’une ressource limitée. Ce qui permettra également à 9300 agriculteurs de disposer de services hydriques en vue de pratiquer des cultures à forte valeur ajoutée. Ce projet émane de la collaboration entre le gouvernement marocain et la Banque mondiale dans le secteur de l’irrigation. Il s’agit du deuxième projet visant à appuyer le Programme national d’économie et de valorisation de l’eau en irrigation.

Quatre Offices régionaux de mise en valeur agricole (ORMVA) sont concernés : Doukkala, El Gharb, Haouz et Tadla. Ces offices, rappelons-le, sont chargés de la gestion des périmètres d’irrigation à grande échelle. «Dans les périmètres d’irrigation à grande échelle du Maroc, de nombreux agriculteurs ne disposent pas d’un accès satisfaisant à l’eau. Ils sont contraints de gérer l’eau de façon collective sans connaître exactement la quantité utilisée par chacun d’entre eux ni les frais dont ils doivent s’acquitter», observe Gabriella Izzi, chef du projet et spécialiste senior de l’agriculture à la Banque mondiale. Cette gestion approximative des ressources hydriques fait, comme l’explique le chef du projet, que «les agriculteurs -surtout les petits exploitants- ont tendance à faire des choix peu risqués, ce qui les conduit à produire des cultures relativement peu sensibles au stress hydrique, mais faiblement rentables».

Un compteur d’eau sera installé dans chaque exploitation

Le projet prévoit des investissements en infrastructures, une assistance technique et un renforcement des capacités. Les ORMVA pourront par conséquent aider les agriculteurs à bénéficier d’un accès continu à l’eau, une ressource de plus en plus précieuse dans un pays semi aride comme le Maroc. Et pour bien gérer cette ressource, un compteur individuel sera installé dans chaque exploitation agricole. Selon Marie-Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations pour le Maghreb à la Banque mondiale, «le projet créera des conditions de nature à permettre aux agriculteurs d’améliorer leurs choix de cultures et d’accroître leur productivité». Elle fait savoir en substance que les exploitants pourront utiliser l’eau efficacement et augmenter les rendements et l’intensité des cultures. A cet égard, des techniques d’irrigation plus performantes, le goutte-à-goutte en particulier, seront mises en œuvre.

En toute logique, ce projet se traduira par une hausse des revenus et des moyens de subsistance des agriculteurs. Selon la représentante de la Banque mondiale, s’appuyant sur les estimations, ces revenus pourraient même tripler.