Infrastructures routières : les détails des investissements prévus en 2015

Un budget de 4,3 milliards de DH est réservé aux chantiers d’infrastructures routières. Il permettra de finaliser la dernière partie du programme des routes rurales qui arrive à  échéance l’année prochaine. La tutelle continue de mettre l’accent sur le développement des voies express et la préservation du réseau.

Le ministère de l’équipement et du transport axe les actions qu’il doit mener en 2015 sur la lignée des programmes lancés en 2014, notamment en ce qui concerne l’investissement dans les infrastructures routières. C’est ce qui est ressorti de la présentation, la semaine dernière, du budget sectoriel de ce département devant la commission des infrastructures à la Chambre des représentants.

En 2015 donc, l’accent sera une nouvelle fois mis sur la maintenance et la sauvegarde du réseau routier. Pour justifier l’intérêt porté à ce volet, le département de tutelle ressort la carte du coût que nécessiterait le renouvellement du réseau s’il n’est pas entretenu. Selon les estimations, l’ardoise s’élèverait à 50 milliards de DH. En 2014, les opérations menées par les prestataires du ministère ont porté sur le renforcement de 1 000 km, l’élargissement de 630 km et la réparation ou la reconstruction de 40 ouvrages d’art. «Cet effort de préservation du patrimoine routier se poursuivra en 2015 à travers la maintenance d’un linéaire de 2 230 km», souligne le département de l’équipement. Le programme tel qu’arrêté par ce dernier prévoit le revêtement de 1 130 km de routes, le renforcement de 600 km et l’élargissement de 500 km. Au niveau des ouvrages d’art, notamment les ponts, 70 devraient bénéficier d’une rénovation ou d’une reconstruction.

Ce programme de maintenance vient en continuité d’un projet de modernisation du réseau qui concernera plus de 1 800 km. Ce dernier devrait ainsi permettre d’adapter plusieurs axes routiers au développement du trafic dans certaines régions. Plus de 3 milliards de DH seront mobilisés à cet effet, apportés à la fois par le Budget général de l’Etat et le Fonds de financement des routes, mais aussi par la Banque européenne d’investissement suite à l’accord conclu en début d’année avec les autorités marocaines (www.lavieeco.com).

Bien entendu, ces initiatives du ministère de l’équipement ne se substitueront pas aux projets de construction de nouvelles routes, notamment dans le milieu rural, surtout que 2015 est l’année de l’arrivée à échéance du deuxième programme national des routes rurales (PN2R). Avant la fin de l’année prochaine, il est prévu d’atteindre 15 500 km de nouvelles routes dans les zones rurales selon le planning initial. A fin septembre dernier, 14 251 km ont été déjà réalisés ou étaient en travaux pour une dépense globale de 14,1 milliards de DH. Pour atteindre l’objectif fixé, ou du moins s’en rapprocher, le plan d’action ministériel prévoit l’entame des travaux de 707 km de routes rurales, dont 420 km concernés par des chantiers d’aménagement. Le tout nécessitera un budget de 594 MDH. Ceci devrait permettre d’améliorer le taux d’accès des populations au réseau routier pour atteindre 80%, au lieu de 78% actuellement et 54% lors du lancement du programme en 2005.

Un nouveau programme d’investissement dans les autoroutes à partir de 2016

Pour ce qui est des autoroutes, le programme du ministère est en revanche moins chargé. Après la mise en service en 2014 de la desserte autoroutière Khouribga-Béni-Mellal, la tutelle programme, à travers la Société des autoroutes du Maroc, la poursuite des travaux de l’autoroute El Jadida-Safi qui s’étale sur 143 km, de l’autoroute Berrechid-Khouribga sur 77 km et du contournement de Rabat (41 km). Ceci permettra d’atteindre l’objectif initiale du programme autoroutier qui cible un réseau globale de 1 800 km d’autoroutes, contre 1 511 km actuellement. Ce n’est finalement qu’à partir de 2016 que le rythme de construction devrait reprendre un niveau soutenu. En effet, les équipes du ministère et ceux d’ADM ont entamé les discussions en vue de l’élaboration d’un deuxième Schéma national d’armature autoroutière. Celui-ci viendrait en complément de celui arrivant à échéance en 2015 et tracera la feuille de route que devra suivre ADM à l’horizon 2030.
En attendant, l’accent sera mis sur le développement du réseau des voies express. Celles-ci, réputées être moins onéreuses que les autoroutes, se sont révélées comme des alternatives pertinentes permettant de rehausser le niveau de service sans pour autant nécessiter des budgets importants. Il est ainsi prévu pour 2015 la poursuite des travaux au niveau des voies express Taza–Al Hoceima, Ahfir-Selouane, Larache-Ksar El Kébir et Pont Oued Massa-Tiznit. Deux projets de doublement de la route nationale n°4 reliant Kénitra à la P2I et d’aménagement de la route nationale n°9 reliant Marrakech-Ouarzazate-Zagora-Lamhamid constitueront les nouveaux chantiers à lancer l’année prochaine.