Inflation et crédit bancaire: les effets de la hausse du taux directeur ne se font pas encore sentir

Le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, a affirmé qu’il est encore tôt pour ressentir les effets des hausses du taux directeur entreprises en septembre et décembre de l’année en cours.

S’exprimant lors du point de presse à l’issue de la 4ème et dernière réunion trimestrielle de 2022 de BAM, Abdellatif Jouahri, a mis en avant l’effet «retard» que peut avoir une augmentation du taux directeur.

Ainsi, au sujet de l’impact de la hausse du taux directeur de 50 pbs, en septembre, sur les taux débiteurs appliqués par les banques, le gouverneur a indiqué qu’il est encore tôt pour une analyse dans ce sens, puisque l’enquête sur les taux débiteurs appliqués par les banques à la clientèle se fait trimestriellement. Il faut donc attendre la fin du quatrième trimestre pour évaluer comment les banques ont répercuté la hausse du taux directeur. «C’est ainsi qu’on sera en mesure de mieux apprécier l’impact», a-t-il fait savoir.

Le gouverneur a également mis en exergue la difficulté du changement des taux appliqués sur les contrats bancaires avant l’arrivée de leur date d’échéance.

Pour l’inflation, il faudra également patienter avant de voir les effets de la hausse de la double hausse du taux directeur. Après une hausse de 50 points de base du taux directeur lors de sa troisième réunion trimestrielle de l’année, le Conseil de BAM a décidé de relever, une deuxième fois, le taux directeur de 50 pbs à 2,50% en décembre. Cette double hausse de 100 pbs en cumulé, est qualifiée de «significative» par Jouahri, Elle a pour objectif de prévenir  tout désancrage des anticipations d’inflation et favoriser le retour de l’inflation à des taux en ligne avec l’objectif de stabilité des prix.

«Nous verrons si le pic d’inflation est derrière nous», a dit le Wali de Bank Al-Maghrib.

Rappelons que les prévisions de la banque centrale font ressortir que l’inflation passerait à 6,6% en 2022, avant de revenir à 3,9% en 2023. «Malgré des signes de son atténuation dans certains pays, l’inflation demeure globalement très élevée», fait remarquer BAM, notant qu’au niveau national, cet environnement pèse sur l’activité économique et sur l’évolution de l’inflation.

Cette dernière va devoir continuer à enregistrer des taux élevés «pour une période bien plus longue que prévu en septembre, impactée notamment par les pressions externes qui se diffusent aux biens et services non échangeables et par la mise en œuvre de la réforme du système de compensation à partir de 2024».