Industrie : la reprise est bien réelle

• Les patrons des entreprises opérant dans l’industrie manufacturière, extractive, énergétique et de la construction s’attendent à des résultats positifs au 3e trimestre de cette année.

Un vent d’optimisme souffle dans les voiles du secteur de l’industrie, avec un enthousiasme palpable des chefs d’entreprises industrielles, confirmant une reprise économique progressive.

Rarement, depuis le début de la crise et ses effets sur l’économie nationale, un tel optimisme a rassemblé les chefs d’entreprises des différentes branches du secteur de l’industrie. Comme en attestent les derniers chiffres du Haut Commissariat au Plan (HCP), les patrons des entreprises opérant dans l’industrie manufacturière, extractive, énergétique et de la construction s’attendent à des résultats positifs au 3e trimestre de cette année.

Ainsi, selon les résultats des enquêtes de conjoncture réalisées auprès des entreprises, les opérateurs de l’industrie manufacturière s’attendent à une augmentation de leur production au T3-2021.

Ces anticipations seraient attribuables, d’une part, à une hausse de l’activité de «Fabrication d’autres produits minéraux non métalliques» et de la «Métallurgie» et, d’autre part, à une diminution de celle de «l’Industrie chimique» et de la «Fabrication d’équipements électriques», explique le HCP.

La même vague d’optimisme règne auprès des entreprises de l’industrie environnementale qui anticipent une augmentation de la production, notamment dans les activités du «Captage, traitement et distribution d’eau» et une stabilité des effectifs employés. Pour leur part, les chefs d’entreprises du secteur de la construction envisagent l’avenir sous de meilleurs auspices et s’attendent à une hausse de l’activité. Une évolution qui résulterait, d’une part, de la hausse d’activité attendue dans les branches de la «Construction de bâtiments» et du «Génie civil» et, d’autre part, de la diminution d’activité prévue au niveau de la branche des «Travaux de construction spécialisés».

La production énergétique attendue pour le 3e trimestre 2021 connaîtrait, quant à elle, une augmentation attribuable à une hausse de la production et distribution d’électricité, de gaz, de vapeur et d’air conditionné». Plus prudentes, les entreprises de l’industrie extractive prévoient une stabilité de leur production, imputable, principalement, à une stagnation de la production des phosphates. Les indicateurs conventionnels, tout comme les indicateurs à haute fréquence, montrent que l’activité économique nationale continue de se renforcer, selon la direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’Administration.

Cette évolution résulte de la reprise de l’activité du secteur agricole, et aussi de la poursuite de la dynamique enclenchée des activités non agricoles. Une dynamique qui concerne, d’une part, les secteurs du BTP, de l’énergie électrique et celle des industries manufacturières telles qu’indiqué par le raffermissement de l’indice de production industrielle (+10,4% à fin juin contre -10,4% un an auparavant).

Elle est due, d’autre part, au secteur extractif et au secteur des télécommunications qui maintiennent globalement leur évolution positive, ainsi qu’à l’atténuation du retrait des indicateurs du tourisme et du transport, notamment aérien. Globalement, outre le regain du dynamisme des activités sectorielles, le redressement de l’activité économique semble se confirmer en 2021, à la faveur des avancées enregistrées en matière de vaccination, des mesures de relance de l’activité initiées précédemment, de la consolidation de la croissance chez les principaux partenaires commerciaux du Royaume et le regain de vigueur des échanges mondiaux de biens et services.

L’économie nationale devrait ainsi clôturer l’année 2021 avec une croissance du PIB, en volume, entre 5,5% et 5,8%. Cette évolution globale devrait quasiment combler l’écart de la production apparu en 2020 et contribuer à redresser progressivement les principaux agrégats macroéconomiques.

Services marchands non financiers : 38% des patrons anticipent une hausse de l’activité

Les anticipations des chefs d’entreprises du secteur des services marchands non financiers, pour le 3e trimestre 2021, révèlent une augmentation de l’activité globale, selon 38% d’entre eux, et une stabilité selon 47%, indique le Haut Commissariat au Plan.

Ces anticipations seraient dues, d’une part, à l’amélioration prévue dans les branches des «Transports aériens» et des «Transports terrestres et transport par conduites» et, d’autre part, à la baisse prévue dans les branches des «Activités de location et location-bail», précise le HCP dans sa récente note sur les résultats des enquêtes de conjoncture, au titre du 3e trimestre 2021, réalisées auprès des entreprises opérant dans les secteurs des services marchands non financiers et du commerce de gros.

De même, 57% des chefs d’entreprises anticipent une stabilité de la demande et 70% une stagnation des effectifs employés.

Au 2e trimestre 2021, l’activité des services marchands non financiers aurait connu une baisse, selon 51% des patrons et une hausse selon 25%.

Cette évolution aurait été le résultat, d’une part, de la baisse d’activité enregistrée au niveau des branches des «Télécommunications» et de «l’Hébergement et restauration» et, d’autre part, de la hausse d’activité enregistrée au niveau des branches des «Transports aériens» et des «Transports terrestres et transport par conduites».

Le taux d’utilisation des capacités de prestation (TUC) du secteur se serait établi à 72%, fait savoir la note, ajoutant que les carnets de commande du secteur sont jugés d’un niveau inférieur à la normale par 32% des chefs d’entreprises. L’emploi aurait connu, quant à lui, une baisse selon 25% des chefs d’entreprises.