Indexation : les industriels approuvent la mesure mais demandent du soutien

Des représentants de la CGEM et des chefs d’entreprises industrielles ont été reçus par Najib Boulif le 24 septembre. Des comités conjoints gouvernement-CGEM établiront des propositions pour des alternatives à  chaque secteur.

La mise en place de mesures compensatoires (de nature financière), consécutivement à la réactivation du système d’indexation de certains produits pétroliers, ce ne sera pas pour tout le monde. Seuls finalement les transporteurs urbains (bus et taxis) sont concernés ; les transporteurs de marchandises étant, eux, demandeurs de mesures d’aide à caractère plutôt fiscal.

Alors, se demandent certains, quel était l’objectif de la réunion du 24 septembre dernier entre le ministre des affaires générales et de la gouvernance, Najib Boulif, et des chefs d’entreprises industrielles et des représentants de la CGEM ? La rencontre, en fait, avait un objectif pédagogique : expliquer les tenants et aboutissants de la mesure (voir entretien avec Najib Boulif).

Même si les filières industrielles utilisatrices de produits pétroliers liquides sont plus ou moins impactées par l’indexation, selon David Tolédano, président de la Fédération des matériaux de construction et qui a pris part à la réunion du 24 septembre, globalement les participants à la rencontre, précise-t-il, disent comprendre la mesure, et même la nécessité de la mettre en œuvre.

Il semble bien que la subvention ne rime pas toujours avec compétitivité. Ce qui ne signifie pas, pour autant, que le secteur industriel ne bénéficiera pas de mesures de soutien alternatives, spécifiques à chaque filière. Pour le moment, ces mesures alternatives ne sont pas encore définies ; ce sera justement le rôle des comités conjoints réunissant des représentants du gouvernement et des fédérations du secteur industriel et de la CGEM, ou des comités sectoriels.
«Nous avons des idées sur la manière d’aider les entreprises à préserver leur compétitivité ou à la conquérir, et nous ferons des propositions dans ce sens, comme cela a été convenu avec M. Boulif», confie M. Tolédano.

Sur la question de la compétitivité précisément, le ministre des affaires générales et de la gouvernance a son idée: «La compétitivité dépendra de notre capacité d’innovation, de la formation de notre main-d’œuvre, de notre degré de dépendance énergétique, etc.».

Tous les économistes le savent en effet : même si pratiquement tous les gouvernements du monde «donnent» des coups de pouce à des secteurs ou des activités qu’ils estiment mériter le soutien, la compétitivité, la vraie, passe par l’innovation, donc par la formation. Depuis que le dossier des exportations marocaines (donc de l’entreprise marocaine) est ouvert, et ça fait déjà bien longtemps, le thème de la compétitivité parcourt tous les débats ; rien pourtant de substantiel sur ce plan n’a été accompli, malgré des aides de toutes natures : subvention des produits énergétiques, exonérations fiscales, abattements des taux d’impositions, etc. C’est que, globalement et nonobstant les cas particuliers bien connus, l’entreprise n’a pas ou pas assez investi dans la recherche et l’innovation. Pendant ce temps, les déficits (internes et externes) se creusent chaque année un peu plus, provoquant l’envolée de la dette publique.