Smap Immo Paris : grosse affluence et clientèle plus exigeante

Les visiteurs, MRE et étrangers, sont venus en grand nombre s’informer des nouveautés en matière de projets immobiliers. Les clients sont exigeants et s’assurent que les promoteurs ont répondu à toutes leurs questions avant de verser une avance. Les promoteurs indiquent que les affaires sont moins florissantes que par le passé.

Le salon de l’immobilier Smap Immo qui se tient à Paris au Parc des expositions sis à Porte de Versailles a ouvert ses portes vendredi 14 juin. Près de 70 exposants ont répondu présents à cette 16e édition, dont des promoteurs de toutes tailles, des banquiers, des notaires, ainsi que des représentants du ministère des MRE et de celui de l’habitat, de l’ANCFCC, de la région de Rabat-Salé-Kénitra -invité d’honneur- et des associations (Oum Keltoum et El Ghali).
Ce premier jour, l’ambiance a été assez calme. Quelques visiteurs ont sillonné les couloirs, cherchant çà et là des informations sur des projets, ou encore des renseignements sur les conditions de financement d’un bien.

Les deux jours suivants, les 15 et 16 juin, le salon n’a pas désempli. Une foule de MRE et d’étrangers, jeunes et moins jeunes, est venue découvrir les nouveautés en matière de logement ou pour signer un contrat d’achat.

Le bilan chiffré de cette édition n’est certes pas encore finalisé, mais quelques transactions ont été conclues, selon les promoteurs présents au Salon et approchés par La Vie éco. C’est le cas du Groupe Mfadel. Selon son directeur général, Yassine M’Fadel, «nous avons réussi à réaliser quelques réservations, notamment sur notre dernier projet, Zenata Tower situé à l’éco-cité Zenata. 70% de la demande sont adressées aux projets de moyen standing». Même son de cloche auprès du groupe Allali. «Que ce soit pour le segment économique, de moyen ou de haut standing, nous avons empoché quelques chèques, aussi bien sur plan que pour des produits finis. En tout cas, nous constatons une amélioration par rapport à l’année dernière, tant au niveau de la qualité des clients que des concrétisations», souligne Fayssal Allali, DG du groupe patronyme Allali immobilier.

Les banques participatives attirent du monde

Cependant, les promoteurs font désormais face à des clients plus exigeants, plus regardants sur le projet, son emplacement et sa finition… «Les interrogations concernent notamment le délai de livraison, les charges liées à l’opération et vont jusqu’aux frais de syndic, à l’assistance en matière de formalités administratives…», détaille M.Allali. «Ils sont tellement méfiants qu’ils recueillent les informations nécessaires sur place et font appel à un membre de la famille au Maroc pour vérifier l’exactitude des renseignements sur le lieu du projet», s’étonne-t-il. Une attitude tout à fait normale quand on sait que plusieurs clients, souhaitant à tout prix avoir un pied au Maroc, ont souffert de promesses non tenues.

De leur côté, le ministère des MRE et l’ANCFCC ont reçus plusieurs questions de visiteurs concernant les procédures d’enregistrement d’un bien immobilier, le montant des taxes et droits à payer, la possibilité de vérification de l’enregistrement d’un bien…

Au même titre que les stands des promoteurs et des institutionnels, ceux des banques participatives (Bank Assafa, Bank Al Yousr et Umnia Bank) ont connu une affluence remarquable. Selon les professionnels contactés au salon, des montages de dossiers ont été effectués, après simulation, par des clients prêts à contracter un financement.

Une image et une notoriété à préserver

Il faut aussi dire que le Smap a été l’occasion de prospecter différentes opportunités d’investissement au Maroc, à l’instar de ces deux investisseurs franco-algériens qui souhaitent placer leur épargne dans le secteur agricole au Maroc, ou encore cet investisseur du Moyen-orient qui exprime l’envie d’investir dans le secteur industriel à Tanger.

Il n’en demeure pas moins que quelques promoteurs estiment que le taux de concrétisation baisse d’année en année. «Le rythme de nos ventes a diminué depuis 2012, année durant laquelle le secteur immobilier a entamé son cycle baissier. Un frémissement a été certes enregistré en 2017, mais le marché s’est rapidement essoufflé l’année suivante», constate M.Mfadel. De son côté, Lamia El Eulj, responsable marketing et commercial du groupe Chamiaa Immobilier, n’est pas plus enthousiaste. «Le groupe est présent dans ce salon depuis 2004. Le retour sur investissement se réduit au fil des ans, non pas à cause de la qualité des projets proposés, mais essentiellement en raison d’une clientèle qui hésite à franchir le pas», confie-t-il.

Dans cette édition, on aura noté également l’absence des banques commerciales classiques, à part la Banque Populaire et Al Barid Bank. La plus remarquée est celle de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI). Certains promoteurs membres de la fédération ont préféré s’abstenir de participer à cette édition par crainte de perdre en notoriété ou de brouiller leur image en raison des manifestations de clients mécontents. D’ailleurs, l’une des conférences des notaires a été interrompue par une vingtaine de personnes en colère. Il s’agit d’adhérents de l’amicale Atlantic Beach qui, à l’instar de l’année dernière, sont venus dénoncer l’escroquerie dont ils ont été victimes depuis 2012. «Aucune amicale ne figure parmi nos exposants et ces manifestants veulent juste faire entendre leurs voix à travers ce salon qui devient leur bouc-émissaire. Pourtant, chaque année, nous organisons durant toute la période du salon de nombreuses rencontres de sensibilisation pour que les clients ne soient pas bernés»», martèle Samir El Chammah, PDG de Smap Events and exhibitions. Pour leur part, les exposants insistent sur la nécessité de s’informer sur tous les aspects relatifs au bien immobilier et de bien saisir les termes du contrat, surtout quand il s’agit de VEFA. Ils recommandent aussi de collecter les informations nécessaires et utiles concernant le promoteur, ses engagements, sa crédibilité…

La mise en œuvre de la stratégie nationale de l’habitat est bien lancée. La priorité est donnée notamment à la classe moyenne et au monde rural. Les dispositifs sont fin prêts. C’est ce qu’a révélé Abdelahad Fassi Fehri, ministre de l’habitat, lors de l’ouverture officiel du salon de l’immobilier à Paris. Reste aux promoteurs et autres acteurs concernés de faire preuve d’innovation en vue de proposer un produit qui soit à même de répondre à leurs besoins et attentes.