SMAP EXPO Bruxelles 2016 : Les deux tiers des demandes de logements sont orientés vers l’achat

Selon le portail Mubawab, les prix des biens immobiliers au Maroc ressortent en stagnation en ce début d’année. Toutefois, des disparités existent entre les villes et même entre quartiers d’une même ville.

Le marché immobilier au Maroc est toujours en stagnation. Un tassement de l’offre et de la demande est clairement observé dans toutes les villes du pays. Cette situation est accompagnée par une stabilisation des prix qui dure depuis quelques temps déjà. L’année 2016 semble ne pas se démarquer des années précédentes. Du moins, c’est ce qui ressort du baromètre du portail de l’immobilier Mubawab. En effet, le site estime que le premier mois de cette année est marqué par la stabilisation des prix de l’immobilier globalement partout au Maroc. Seules les villes à caractère touristique, à l’instar d’Agadir ou Marrakech, ont vu une légère baisse des prix au mètre carré,  qui était toutefois attendue en raison notamment de la saisonnalité, impliquant, du coup, une baisse de la fréquentation et donc des acheteurs étrangers et MRE. Néanmoins, si 2015 a été marquée par une légère croissance des prix de l’immobilier dans certaines villes qui avaient connu de fortes contractions malgré un contexte économique difficile, 2016, elle, ne devrait pas voir cette croissance se poursuivre. Le marché devrait afficher une stagnation des prix, voire une légère baisse, surtout dans les grandes villes économiques du Royaume. Ainsi, le marché immobilier semble avoir touché son plafond et connaît depuis novembre une diminution des prix au mètre carré moyen pour les appartements. 

Le mois de février vient confirmer cette tendance à la stagnation des prix. En effet, presque toutes les villes du Maroc n’ont pas enregistré de grandes évolutions, quoiqu’elles restent disparates en fonction de leur fréquentation, de la demande, des besoins…. Ainsi, Rabat et Casablanca, par exemple, ont affiché une diminution de 1,47% des prix de leurs immobiliers chacune, alors que les villes touristiques comme Agadir ou Marrakech ont connu en ce mois une augmentation de leurs prix, de  2,83% pour Agadir et 2,43% pour Marrakech. Tanger reste une exception avec une augmentation de 5,87% de ses biens immobiliers pour se positionner à un prix record de 11 503 DH/m2.

Mubawab s’est attellé à analyser le comportement des prix des biens immobiliers ville par ville. Il en ressort ainsi qu’à Casablanca les logements connaissent une très légère baisse des prix sur les 4 derniers mois et affichent ainsi un prix moyen de 17 107 DH/m2. Sans surprise, la métropole économique se place et comme toujours la ville la plus chère du Maroc. Et c’est le quartier Ain Diab qui occupe la 1ère position en terme de cherté avec un prix moyen de 23 648 DH/m2 pour les appartements. De fortes disparités sont constatées aux quartiers populaires comme Sbata qui affiche un prix moyen de 6 805 DH/m2. Notons que dans cette ville, les acquéreurs potentiels représentent plus de 60% des demandes, contre moins de 40% pour les locataires.

S’inscrivant sur la même tendance que la capitale économique, les prix des biens immobiliers à Rabat sont sur un trend baissier pour le 4e mois consécutif, pour atteindre 16 732 DH/m2. L’ensemble des quartiers de la ville a été touché par cette baisse. A Hay Riad, le mètre carré est actuellement à 19 089 DH au moment où dans le quartier Océan, le prix s’affiche à 9 350 DH. Cependant, il semble que les prix n’ont pas assez marqué le pas pour orienter la demande des clients vers l’acquisition. En effet, 58% des demandes sont manifestées pour l’acquisition et le reste, soit 42%, pour la location.

Pour sa part, Marrakech qui avait connu de fortes contractions de prix, les voit enfin légèrement augmenter. Le mois passé a été marqué par une progression de 2,5% des prix des appartements en vente, pour afficher un prix moyen de 13 993 DH/m2. Il s’agit d’une moyenne observée puisque les contrastes restent de taille. En effet, à Amelkis, par exemple, le prix atteint 16 674 DH/m2 alors qu’il se situe à 4 586 DH dans le quartier de M’Hamid. Les quartiers les plus huppés de Majorelle, de l’Agdal, l’Hivernage ou Guéliz connaissent également une hausse du prix. Il faut dire que cet ajustement de prix, conjugué à un fort intérêt sur les biens immobiliers dans cette ville, a impliqué une grande demande pour l’acquisition, à hauteur de 67%, contre 33% pour la location.

Fès a également pâti de cette conjoncture défavorable, orientant les prix à la baisse. A fin février, les prix ont affiché un recul de 1,1% sur un mois glissant, pour s’établir à 6 216 DH/m2. La ville ne connaît pas de disparités entre les quartiers avec un prix moyen de 4 782 DH/m2 au quartier Narjiss, 5 733 DH au centre-ville et 4 104 DH/m2 au quartier Saada. Toutefois, Fès reste la ville où la demande des acquéreurs est plus orientée vers l’achat avec 70% des demandes contre seulement 30% pour la location.

Inversement à la tendance nationale, le marché immobilier à Agadir a augmenté de 2,83% pour s’élever à 13715 DH/m2. La plus forte hausse est à mettre à l’actif du quartier Hay Mohammadi avec une croissance de 10% à 9 674 DH. Le quartier le plus cher, en l’occurrence celui du haut Founty, a dépassé le seuil de 20 000 DH pour s’établir à 20 096 DH/m2. Toutefois, des quartiers comme Tilila ou Hay Essalam ont affiché des prix de 6834 DH et 7227 DH/m2. Ce qui montre l’énorme gap de prix qui existe entre les quartiers.

Idem pour Tanger qui a également évolué à contre courant et a enregistré du coup une croissance de 5,87% en moyenne pour les appartements pour atteindre 11 502 DH/m2. Les quartiers qui ont tiré cette progression sont notamment Malabata et le centre-ville avec une hausse de 3,85% et 5,16% respectivement. En revanche, d’autres quartiers ont enregistré une baisse assez importante. Allusion faite au quartier de Boukhalef avec un repli de 10% à 5087 DH/m2. Tout comme Rabat, les demandes d’acquisitions sont faibles dans la ville du détroit, avec 58%.

Il reste qu’en moyenne nationale les deux tiers des demandes sont dirigés vers l’achat et le reste vers la location. En outre, plus de 70% des demandes d’achat sont exprimées pour un appartement, pour seulement 21% pour des maisons ou villas, ou 6% pour des terrains.

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