SMAP EXPO Bruxelles 2016 : Entretien avec Samir El Chammah, Président du Salon SMAP Immo

Les plus de 5 millions de Marocains établis à l’étranger ont toujours un bas de laine quand il s’agit d’acheter un bien dans la terre de leurs racines… Cette fibre est et restera omniprésente. Le nombre des visiteurs de chacun de nos salons est proportionnellement lié au nombre de la diaspora de chaque pays.

Samir-El-ChammahCela fait plusieurs années que les salons «SMAP» œuvrent sans relâche pour la promotion ; selon vous, quelle dynamique ont-ils insufflé au secteur de l’immobilier tout le long de cette période ?

Effectivement, ça fait 19 ans que les salons SMAP œuvrent pour la promotion et le rayonnement du secteur immobilier et de l’art de vivre marocains dans le monde. Une dynamique sans précédent, qui a permis de mettre en valeur à l’international ce que le Maroc savait faire de mieux en matière de développement immobilier. Cette dynamique est le fruit de l’effort conjugué de tous. Pouvoirs publics et secteur privé ont avancé main dans la main, dans la même direction. Pour ce faire, nous les avons accompagnés en leur offrant des plateformes d’expositions complètes, des événements puissants, dans les lieux d’expositions les plus prestigieux. Progressivement, un vent de modernité a donc soufflé sur un secteur dont la contribution à la richesse nationale n’est plus à démontrer.

Quel impact prévoyez-vous de cette édition organisée à Bruxelles, pour le secteur immobilier marocain ? Mais d’abord, pourquoi le choix de Bruxelles cette année ?

Le choix de Bruxelles n’est pas nouveau. Il s’agit de la 6e édition du SMAP Expo Bruxelles cette année. C’est donc un salon qui a su s’inscrire dans le temps et bien prendre ses marques.  Fortement attendue, tant par la communauté marocaine établie en Belgique que par les Européens désireux d’investir au Maroc, l’édition 2016 rassemblera plus d’une quarantaine d’exposants issus de toutes les régions du Maroc et présentant des biens immobiliers de tous les standings. Il faut souligner que cette année, l’impact devrait être encore plus grand, du fait de la mise à l’honneur de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima. En effet, bon nombre de compatriotes marocains résidant en Belgique en sont originaires et l’engouement est d’ores et déjà très palpable pour l’offre immobilière qui y sera exposée.

Le marché de l’immobilier connaît une phase de mutation en cette période, comment réagissent les potentiels acquéreurs MRE ou autres investisseurs en conséquence ?

Cette phase de mutation nous la vivons à l’instar de l’ensemble des opérateurs du secteur. Nous sommes tous dans le même train… La crise en Europe et l’incertitude socioéconomique qui y sévit a, certes, conduit la demande des MRE et autres acquéreurs à faire des arbitrages en matière d’investissement immobilier. Mais une chose est certaine. Les plus de 5 millions de Marocains établis à l’étranger ont toujours un bas de laine quand il s’agit d’acheter un bien dans la terre de leurs racines… Cette fibre est et restera omniprésente. Par conséquent, il appartient aux opérateurs dans un contexte de mutation, de s’adapter à la demande, notamment par, pas seulement l’effet prix, mais aussi et surtout par la qualité, le respect des engagements, l’écoute et la réactivité à cette écoute.

Le Smap-Immo a toujours constitué une occasion pour écouter les doléances et fournir les explications nécessaires aux MRE qui veulent investir dans l’immobilier. Comment réagissez-vous quand un MRE se plaint par exemple de différences notables entre les promesses des promoteurs et la réalité des biens livrés au final ?

Je vous remercie de me poser cette question, parce qu’elle est depuis longtemps au cœur de nos préoccupations. En effet, depuis plus d’une dizaine d’années, le SMAP n’a ménagé aucun effort pour sensibiliser, conscientiser, informer et disons-le sécuriser l’ensemble des visiteurs, tant MRE qu’internationaux, dans leur acte d’investissement. Pour ce faire, nous avons organisé à chaque édition, et partout où ont lieu nos salons, des cycles de conférences quotidiennes avec des juristes et des experts marocains, afin d’apporter toute l’information nécessaire à nos visiteurs. Malgré cela, des dérapages ont été constatés. Les doléances, aussi minimes soient-elles, eu égard au volume global des transactions conclues, devaient être prises à bras le corps. Ainsi, nous avons décidé de prendre des mesures préventives, en interdisant à des promoteurs immobiliers qui on peu ou prou fait pour répondre à ces doléances – souvent légitimes au demeurant – d’exposer chez nous. Il y va de l’image de tout un chacun. Nous, organisateurs, du secteur de la promotion immobilière, des professionnels marocains de l’immobilier et in fine de l’image du Maroc. Enfin, je dois ajouter une chose. Je regrette vivement que dans un tel contexte, où c’est la mobilisation de tous qui doit primer, que certaines banques de la place aient choisi de tourner le dos à cette communauté qui a pris l’habitude de les attendre à l’occasion de nos salons. Aujourd’hui plus qu’hier, les MRE ont besoin d’être rassurés, écoutés et sécurisés… Je ne pense pas que leur absence au SMAP de Bruxelles soit un signal positif donné à cette communauté…

D’après votre expérience le Maroc est-il toujours cette terre de prédilection pour les Européens qui cherchent à acquérir un bien immobilier ou à investir ?

Oui, le Maroc est toujours cette terre de prédilection pour les Européens qui veulent y investir dans un bien immobilier. Et peut-être davantage par ces temps marqués par la morosité en Europe. Le Maroc a tous les atouts pour attirer. Stabilité, sécurité, proximité, compétitivité, hospitalité, qualité de vie…. Et la liste est longue ! Bien sûr, parmi tous ces critères, la richesse et la diversité du produit immobilier jouent un grand rôle.

Mais nous devons prendre en considération que depuis quelques années nous sommes concurrencés par l’Espagne et particulièrement le Portugal qui proposent aux Français une offre immobilière très compétitive avec un régime fiscal très attrayant pour ceux qui souhaitent y résider sur place.

Est-il possible de décrire un profil des clients réels ou potentiels de l’immobilier au Maroc après toutes ces années d’expérience du SMAP ?

Le Maroc a la chance d’avoir une diaspora très attachée à son pays d’origine, je peux vous affirmer que notre public est multi-générationnel et nous avons un public potentiel à conquérir. Sur le salon de Paris, le taux de primo-visiteurs est de 47%, soit presque un visiteur sur deux nous visite pour la première fois.

Si on simulait une sorte de flash-back des SMAP, dans quel pays avez-vous réalisé le maximum de flux de visiteurs et d’acquéreurs ?

En premier lieu, il faut relativiser les choses, car le nombre des visiteurs de chacun de nos salons est  proportionnellement lié au nombre de la diaspora de chaque pays.

La France, l’Espagne, l’Italie et la Belgique attirent plusieurs dizaines de milliers de visiteurs mais nous avons aussi battu un record aux Émirats Arabes Unis en mobilisant 10 000 personnes, ce nombre est équivalent à  25% de la population MRE qui s’est déplacée des quatre coins des Émirats lors de notre dernier Salon d’Abu Dhabi.