Le segment logements économiques et sociaux bat de l’aile

De 2010 à 2019, les logements qui ont reçu le certificat de conformité se chiffrent à 470 000 unités. Les logements à FVIT et ceux destinés à la classe moyenne n’ont toujours pas atteint les objectifs fixés par l’Etat. La FNPI est en cours de préparation de propositions en vue de redynamiser ces secteurs.

Les logements sociaux ne séduisent plus autant les investisseurs. Depuis le lancement de ce programme en 2010 et jusqu’à fin 2019, ce sont 1264 conventions qui ont été visées pour la construction de plus de 1,8 million de logements, selon les dernières statistiques du ministère de l’habitat. Le secteur privé accapare la grande part avec 1214 conventions correspondant à 1,77 million d’unités. Pour sa part, le secteur public, représenté par Al Omrane, dispose de 50 conventions à son actif pour la mise en place de 63765 unités d’habitations. Durant cette période, près de 470 000 logements ont reçu le certificat de conformité. Il est clair que ce programme a séduit bien des professionnels et des clients depuis sa mise en place. Mais il connaît récemment un certain essoufflement.

Ce ralentissement est dû, entre autres, au fléchissement de la demande, à la montée des exigences des clients, ou encore à la saturation de l’offre dans certaines villes. Il faut dire aussi que l’accès au financement est devenu de plus en plus difficile, surtout que les banques spécialisées dans les crédits garantis par la CCG ont depuis un moment levé le pied, vu la hausse du taux de contentialité. Cependant, la production devrait ressortir en hausse, en 2019 et 2020 également, vu que le programme et les avantages fiscaux qui y sont liés prendront fin cette année. Rappelons aussi qu’un délai supplémentaire d’une année a été accordé aux promoteurs, qui ne pourraient atteindre à fin 2020 les objectifs fixés dans la convention qui les lie à l’Etat.

Les logements à faible valeur immobilière totale ou à 140 000 DH, pour leur part, n’ont pas connu un franc succès. Depuis 2010, seulement 74 conventions ont été visées pour la construction de 37 682 logements. Le secteur privé en détient 46, soit 23511 logements, et le public 28 pour 14 171 unités. Une légère hausse est enregistrée sur une année, comme l’atteste le nombre de logements ayant reçu le certificat de conformité, totalisant 27 048, soit 986 de plus.
Il faut dire que «la clientèle ciblée par ce type de logements préfère nettement des lots de terrains en R+1 ou R+2 à faire construire que de vivre en copropriété», explique un promoteur. D’autant que des clients restent insatisfaits de la qualité du produit fini. Cela sans évoquer le manque d’espaces verts, d’équipements structurants, de routes, de moyens de transport et des services au citoyen. D’ailleurs, un notaire à Casablanca confirme la difficulté pour un de ses clients de commercialiser ses biens immobiliers à FVIT, depuis deux ans à Casablanca.

Sans surprise, les logements pour la classe moyenne ont totalisé 31 conventions visées depuis 2013 jusqu’à fin 2019. Ce qui correspond à 11 048 logements, soit à peine une de plus sur une année et 1722 unités supplémentaires. Pendant cette période, ce sont seulement 253 logements qui ont reçu le certificat de conformité. «Un échec ou un programme mort-né», déclarent les promoteurs unanimement, puisque l’Etat visait la construction de 130 000 logements entre 2008-2020. Le fiasco enregistré par ce programme est lié tant au faible rendement tiré par les promoteurs qu’à la non-adaptation de l’offre à la demande de cette classe moyenne.

En tout cas, les autorités de tutelle, en collaboration avec les professionnels du marché, œuvrent à mettre en place un nouveau type de programmes visant autant les ménages à faible revenu ou la classe moyenne. D’ailleurs, la FNPI est en cours de préparation de propositions à adresser aux pouvoirs publics, en vue de redynamiser les programmes immobiliers de ces deux classes de population.