Immobilier : vers un nouveau modèle de développement ?

Le degré de gravité de la situation du secteur immobilier est partagé. Certains la qualifient de normale quand d’autres la considèrent alarmante. Les professionnels interviewés proposent un ensemble de mesures à prendre, sorte que le secteur voit le bout du tunnel.

La crise sanitaire que traverse le Maroc est venue enfoncer un secteur, déjà mis à mal pendant des années. En effet, la machine est presque interrompue. Mis à part quelques chantiers qui sont encore ouverts, les transactions sont bloquées, les visites de biens immobiliers suspendues ; cela, sans parler des désistements des clients, de récupération des avances, de report des décisions d’achat… Conséquence : une baisse fulgurante des ventes des biens immobiliers, accompagnée d’une baisse des prix, en fonction du segment et de la taille du promoteur. Cette situation est loin d’être alarmante selon certains, puisque cet arrêt est volontaire et n’est pas le fait d’une quelconque crise économique. Du coup, la reprise se fera de façon naturelle dès la décision de la levée du confinement. Selon d’autres, elle est critique et menace même la stabilité sociale, sachant que le secteur emploie plus d’un million de personnes.

Avis dExpert Rachid HAOUCH
Avis d’Expert : Rachid HAOUCH

 

Avis dExpert Driss Effina
Avis d’Expert : Driss Effina

En tout cas, l’heure n’est pas à qualifier la gravité des conditions actuelles mais d’oeuvrer, de manière commune et transversale, à trouver des solutions pratiques et rapides en vue de sortir la tête de l’eau. Une relance sur laquelle devrait s’atteler le ministère, conjointement avec les promoteurs, les architectes, les urbanistes et toute autre partie susceptible d’apporter une valeur ajoutée au secteur. «Le secteur de l’immobilier doit aborder une phase nouvelle. Il a besoin d’un urbanisme concerté et effectif, d’interlocuteurs étatiques de tous les ministères et agences concernées, de procédures administratives fluidifiées et simplifiées, d’un système bancaire motivant tant pour les acquéreurs que pour les promoteurs, de gestionnaires délégués efficaces et coopératifs et enfin de promoteurs engagés et signataires d’une charte de responsabilité et de gouvernance», explique un professionnel du marché. Pour certains promoteurs contactés, il faut que tous les plans d’aménagement du pays soient disponibles et que les règles d’urbanisme soient moins consommatrices de foncier. Ils appellent aussi à la gestion des autorisations administratives par des outils informatiques efficaces et à une obligation de résultat et de délai des parties concernées par les décisions. En bref, tout le système doit être impliqué, banques, régies, cadastre, conservation foncière…. Nous avons donné la parole à certains professionnels pour avoir leur vision sur le modèle de développement à mettre en place pour ce secteur sinistré.

Avis dExpert Rachid Boufous
Avis d’Expert : Rachid BOUFOUS