Forte progression de l’appartement en immeuble

Plus de 3% du parc global sont utilisés à titre professionnel en 2012 contre 10% en 2000. Les logements à usage touristique représentent 2% du parc logement national en 2012.

Le parc logement urbain au Maroc est essentiellement occupé à titre de résidence principale (79% en 2012 contre 75% en 2000).  C’est ce qui ressort de l’enquête Logement réalisée par le ministère de l’habitat et la politique de la ville en 2012.

Un constat qui s’est consolidé lors des dix dernières années. Ainsi, en ce qui concerne les régions par exemple, le taux va de 73% pour l’Oriental à 84% pour les régions d’Oued Ed-Dahab Lagouira, Rabat-Salé  et le Gharb. Quant aux villes, le taux est de 89% pour la ville de Salé contre moins de 70% pour celles d’Oujda et El Jadida. Et pour le type d’habitat, 99% concernent les constructions sommaires ou bidonvilles contre moins de 70% pour les villas et les appartements en immeuble.

La proportion des logements occupés à titre de résidence secondaire a pratiquement doublé entre 2000 et 2012 à l’échelle nationale, en passant de 3% à 6% du parc global urbain. Cette dernière proportion frôle les 10% dans les régions de Chaouia Ouardigha (8%), Taza Al Hoceima Taounate (8%), Tadla et Azilal (8%) et l’Oriental (10%) et dans les agglomérations de Khouribga (8%), Marrakech (8%), Al Hoceima (9%), Témara Harhoura (9%), Tanger (9%), El Jadida (10%), Mohammédia (10%) et Oujda (11%). Aussi, ce parc est composé principalement des maisons marocaines modernes (51% du parc secondaire) et des appartements en immeuble (37%).

Par ailleurs, le parc vacant national représente plus de 9% du parc global en 2012 contre 12% en 2000. Cette vacance, qui est très localisée dans les régions du Grand Casablanca (18% du parc vacant global), Tanger Tétouan (13%), Rabat Salé (10%), l’Oriental (9%), Souss Massa et région (8%) et Fès Boulemane (8%), concerne en grande partie les maisons marocaines modernes (49%) et les appartements en immeuble (44%).

Aussi, plus de 3% du parc global sont utilisés à titre professionnel en 2012 contre 10% en 2000. Ce qui explique l’importance des constructions à usage mixte en 2012. Plus encore, cet usage qui est surtout recensé dans les régions du Grand Casablanca (24% du parc professionnel global), Rabat Salé et région (11%), Tanger Tétouan (9%) et Souss Massa Draâ (8%), concerne principalement les maisons marocaines modernes (50%) et les appartements en immeuble (43%).

Prédominance de la maison marocaine moderne : une réflexion s’impose

Enfin, les logements à usage touristique représentent 2% du parc logement national en 2012 avec une concentration dans les régions de Marrakech Tensift Al Haouz (20%), Souss Massa Draâ (19%), Grand Casablanca (15%) et Tanger Tétouan (11%).

Au niveau national, la structure du parc logement urbain avec ses deux composantes, constructions et logements, reste relativement proche en pourcentage, selon le type d’habitat. D’après l’enquête du ministère, une telle situation s’explique par le fait que l’architecture du pays est dominée par la maison marocaine moderne et traditionnelle (respectivement 82% du parc construction et 67% du parc logement principal en 2012). C’est un fait notable et visible à l’œil nu partout dans notre pays. Plus encore, cette situation présente des disparités importantes selon la région du fait que la proportion de la maison marocaine (moderne ou traditionnelle), en termes de logements principaux, varie de 60% pour le Grand Casablanca à 93% pour Oued Ed-Dahab Lagouira, l’Oriental et Tadla Azilal.

La maison marocaine moderne constitue, en effet, le type d’habitat majoritaire au niveau national avec 63% du nombre total des logements principaux en 2012 contre 65% en 2000. Ce type d’habitat domine dans toutes les régions et les villes du pays en 2012, mais c’est dans les villes de Guelmim, Dakhla et Khouribga qu’on le retrouve en écrasante majorité, respectivement 90%, 85% et 81% du parc logement principal de la ville. Le reste du parc national urbain est constitué des appartements en immeuble (25% des logements en 2012 contre 14% en 2000), des maisons marocaines traditionnelles (4% contre 7%), des constructions sommaires ou bidonvilles (4% contre 10%) et enfin des villas (4% contre 3%).

A ce niveau, deux éléments principaux ressortent. Le premier concerne la forte progression de l’appartement en immeuble réalisée dans un contexte de raréfaction du foncier au sein des périmètres urbains, alors que le second a trait à la forte régression des constructions sommaires ou bidonvilles qui reflètent les efforts importants réalisés dans le cadre du Programme villes sans bidonvilles. Et il faut dire que malgré les résistances de certains habitants des bidonvilles, il devient de plus en plus clair que dans quelques temps, ce genre d’habitat n’existera plus, du moins dans les grandes villes.

En conclusion, il y a lieu de relever le fait suivant : la prédominance de la maison marocaine moderne. Une réflexion s’impose donc sur cette typologie par la force des choses et par référence aux documents d’urbanisme des différentes villes du pays, dont les projections vont dans le sens du renforcement de ce type d’habitat. Cette réflexion s’impose dans la mesure où elle pose le problème de la mixité urbaine et sociale, d’une part, et, d’autre part, de l’intégration spatiale et sociale à l’échelle du lotissement. Aussi, cette situation qui est à l’origine de la faible densité de l’habitat entraînant une faible rentabilisation de l’assiette foncière, milite en faveur de la révision de la politique foncière et urbaine et des typologies d’habitat mises en œuvre jusqu’à nos jours. Et à propos de la politique de la ville, le ministre de tutelle, Nabil Benabdallah, déclare : «Nous sommes engagés à en faire une politique axée sur le citoyen et sur l’amélioration des conditions de vie de pans entiers de la population résidant dans les villes». En effet, le ministre considère que  le citoyen est à la base même de l’élaboration du cadrage nécessaire de la politique de la ville. «Nous avons mené un large débat national qui a permis d’impliquer et d’assurer l’ensemble des forces vives du pays et qui a abouti à l’adoption du Référentiel national de la politique de la ville». M.Benabdallah est on ne peut plus clair, il s’agit d’une politique de la ville qui fait sien l’enjeu et le défi de la promotion du droit à la ville et permet, à travers un mode de gouvernance nouveau et un cadre du rapport ville/citoyen garant d’une participation collective de l’ensemble des faiseurs de la ville et leur mobilisation pour offrir au citoyen un meilleur cadre de vie.